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Printemps sans TAS.

Pas de TAS pour moi cette année ! Pas de Trouble Affectif Saisonnier. Y-E-S !!! J’ai presque envie de crier Hourra. Les blues du printemps, ça me connaît. À chaque année, les jupes se raccourcissent, les manteaux s’allègent, les gens s’embrassent sur leur vélo, et moi, j’ai envie de brailler. J’ai envie de brailler alors je braille, je suis fatiguée alors je dors, je souhaite mourir alors j’entre en mode survie. Pour les gens « normaux », c’est le temps des bourgeons et des hommes en fleurs, mais pour moi, c’est le monde à l’envers, les idées noires, la peur du soleil […]

Amours imaginaires

Je m’ennuie. Je m’ennuie éperdument. Mon ennui est tel qu’il remonte à l’enfance et peut-être même qu’il date d’avant cette trépidante époque où j’inventais mes personnages, où j’étais la dictatrice de ma rue, où j’étais à la fois enseignante, danseuse, mère et jeune amante, où j’étais l’élève et le modèle pour lesquels je ne trouvais aucune compatible incarnation. À travers les regards que j’inventais alors, je me savais celle que je voulais être. D’aussi loin que je me souvienne, l’ennui m’a toujours habité. À certains moments de ma vie plus qu’à d’autres. Je dirais même qu’il lui est arrivé de me terrasser, violemment […]

Regard sur beige et autres couleurs

– Alors Sabrina, la ville te plaît ? Ce n’est pas bien compliqué, tout est beau ici. Tout est propre et en ordre. Tout est à sa place. Tellement que parfois ça me manque, le bordel de la ville, les klaxons, les sirènes et les trous de Montréal tout partout. Tu sais ce que j’ai écrit dans mon carnet quand je suis débarquée en Inde ? Il était 22 h du soir à l’aéroport de Chennai, je débarquais sur un tapis de poussières aux couleurs criardes, couleurs que même à la noirceur j’apercevais déjà… Non mais je dis vraiment n’importe […]

Pâques sans chocolat

We know enough about our external life. The facts delude us. Everything that is seen from the outside is really a delusion. I search for the revelation of these unknown secret selves, selves that we never articulate. Anaïs Nin Sortir de la ville, prendre le train pour Hvalsø, entrer dans les bois, prendre des routes sinueuses sur six kilomètres, marcher, marcher, marcher sur ma droite pour ne pas manquer l’indication qui devrait se trouver sur ma droite. Marcher un peu plus d’une heure pour ensuite ne plus marcher, pour ensuite m’asseoir et ne plus bouger. Pour quelques jours, m’arrêter. S’arrêter […]

Tempêtes et catastrophes.

Tempête d’eau sur Copenhague. Je suis trempée. Je me suis battue avec la pluie et mon vélo et mes jambes et je n’ai pas les vêtements qu’il faut pour une revanche du ciel contre le soleil. Je me pose à la cantine pour manger une soupe infecte, mais chaude. J’ai annulé le lunch avec les copines pour mon Moleskine et j’écris ce que je crois. *** Je crois que certaines personnes ont le coeur sombre. Je crois que certains individus dotés d’une redoutable intelligence et d’une particulière sensibilité se servent de ces richesses et autres privilèges afin que la terre […]

Soleil sur coeur qui se répare.

I can’t even write about this. It’s like the words won’t come out. I want to write about love and this is the only thing that drives me. I am on earth to love people and to tell them to love themselves better. How can I write about it if I am hurt so badly I can not see love anymore ? Je n’ai pas pleuré hier. Je me suis assise par terre pour méditer et j’ai réalisé que je ne pleurais plus. Je n’avais plus de larmes, peut-être même la tristesse n’était plus si profonde. Je me suis posée […]

Inconsolable

Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je vous aime. Je vous aime. Je vous aime. Je vous aime. J’aime, j’aime, j’t’aime. Je le dis vite sans même y penser. Je le dis à m’en essouffler. Je le dis à en perdre le souffle. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je l’écris à en pleurer, à m’y méprendre, à en perdre l’usage des mots. Mon besoin de dire varie en fonction du destinataire, alors que je crois […]

Je me suis fait cambrioler.

Je viens de passer chez toi. Je pense que tu t’es fait dévaliser. La porte arrière était déverrouillée et la fenêtre de ta chambre entrouverte. Liée à ce message se trouvait une photo de ma chambre. Du moins, ce qu’elle en était. Des boîtes ouvertes évidées sur le lit, des masses de papier gisant sur le sol, des valises, elles aussi vidées de mes souvenirs, des bijoux de grand-mère, de l’alliance de mes parents, de… Mon amour, dis-moi qu’ils n’ont pas pris mon disque dur ? Tu y es toujours ? Le vois-tu ? VOIS-TU LE DISQUE DUR QUELQUE PART […]

Jeg hedder Sabrina.

Je m’appelle Sabrina. J’ai 27 ans. Je suis née au Canada et j’habite Montréal. Je parle français, je parle aussi anglais, et j’ai un niveau d’espagnol fonctionnel qui me permet de comprendre, d’écrire, de lire et de discuter avec autrui. Je suis étudiante à la maîtrise en sociologie. Je viens d’emménager à Copenhague. Je suis nouvelle dans cette ville. Voilà ce qu’on apprend à dire de soi à la première personne. Ces quelques mots dictés dans une nouvelle langue qui nous permettront de nous présenter aux autres élèves de la classe. Quelques phrases et nous voilà tous pareils. Alle samme sammen. Une […]

Y a-t-il quelqu’un ?

Je fin de sessionne, je déménage, je m’en vais. Je termine un chapitre, j’en débute un autre et c’est toujours la même histoire, page après page, feuillet après feuillet, de nomadisme à sédentarité, de sédentarité à tout envoyer en l’air. Déménagement, départ, déneigement. Mais qu’en sera-t-il de la cage d’escalier ? Y aura-t-il quelqu’un pour la nettoyer, pour balayer tout ça, pour relever la poussière et y ramasser les parapluies suivant les averses ? Y aura-t-il quelqu’un pour s’assurer que le robinet ne coule plus, pour s’assurer qu’on a bien réparé le moustiquaire de devant, pour assurer ? Qui sera […]