Jelefaispourmoi

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Chercher l’automne en été.

juillet 31st, 2014 · Ma vie, en tranches...

Il m’arrive souvent d’éclater de rires en public. Je marche seule sur le trottoir et un grand sourire s’installe sur mon visage, pas juste un peu, ni juste pour moi, ce sont toutes mes dents qui s’affichent au dehors, j’ai du mal à me garder sage, alors j’expose tout ce que je contiens à des gens qui n’en ont rien à foutre. Il m’arrive, et c’est bien maladroit, de tellement aimer les gens qui m’entourent que… que… que je les voie s’éloigner. Se péter la gueule. Il m’arrive de pleurer.

Il m’arrive de me sentir chez-moi dans de ces endroits pourris. Je me souviens avoir aimé l’Inde dès l’atterrissage puisqu’il y avait presque autant de déchets par terre que d’êtres humains dans les rues. Et aussi parce que ça sentait la merde. Je me sens bien lorsque je ne suis pas de l’endroit où je me trouve. J’aime quand mes pas se font légers et que mes semelles s’enfoncent dans la boue. J’aime marcher pieds nus. Dans ces moments-là, j’ai l’impression de marcher mieux et plus vite. Il m’arrive de sentir que je vais quelque part.

Il m’arrive de vouloir apprendre des vieilles dames. Leurs costumes trop élégants et leur locomotion m’énervent, mais je me dis souvent que si l’on acceptait de danser avec elles, elles sauraient nous faire valser. Si elles nous permettaient plus que de leur ouvrir la porte, elles auraient de quoi nous montrer la voie que n’osent pas prendre les jeunes filles.‘’The flower doesn’t dream of the bee. It blossoms…’’ Bientôt, nous serons à leur chevet, nous leur laverons le dos, retirerons ce collier de perles qu’on leur a mis dans la bouche alors qu’elles étaient encore toutes jeunes et nous regarderons glisser cet anneau si grand qu’il ne tient plus. Se casser le bécik. La vieillesse est un spectacle. Je n’ai jamais osé demander à Grand-mère si elle avait souffert d’amour, elle aussi. J’ai fait comme tout le monde et j’ai cru que puisque c’était grand-père, c’était elle. Maintenant, il est trop tard. Elle est d’autrefois.

Il m’arrive de danser sous la pluie. Je ne sais pas ce qu’un parapluie fait sur la tête des gens. Ils doivent avoir peur de se mouiller, eux aussi. Il faudrait leur dire que la peur freine. JE REFUSE QU’ON ME RALENTISSE. Avoir besoin de crier, écrire en CAPS. Je cours lorsqu’autour de moi l’on se réfugie sous des airs de quelqu’un d’autre. Je cherche le vrai jusque dans mes mensonges. Je suis un mouton et vouloir sortir du troupeau ne fait pas de moi un mouton moins mouton qu’un autre. Je ne sais plus dans quel sens il me faut courir, ni danser, donc je rentre chez moi épuisée. Je suis fatiguée. L’énergie se cultive et puise sa force dans ce que l’on a vécu. Croire que l’énergie se renouvelle, c’est croire aux cycles et je ne sais pas trop où je m’en vais avec ça, alors je vais changer de paragraphe.

Le roquefort, ça pue beaucoup trop pour ce que ça coûte. Il m’arrive d’insérer des phrases là où elles n’ont rien à voir. J’aime la lecture lorsqu’elle est saccadée et qu’elle n’en fait qu’à sa tête. L’histoire me plaît si je la sens foncer dans un mur. Avec mes amants, c’est différent. Le mur, c’est si rare qu’on y échappe.

Il m’arrive de fuir. À vrai dire, je pourrais passer ma vie à ne faire que ça. Fuir pour ne pas que l’on me freine, pour sentir que j’existe, pour manger des pommes de terre au lit et pour faire l’amour lorsque je me sens baisée. Fuir pour peindre de jaune mes ongles d’orteil en hiver et, surtout, pour ne rendre de compte à personne.

Penser, ça m’arrive aussi. Rires, heureusement. Il m’arrive de penser à penser autrement et à foutre le feu à ce que je pensais penser. S’enrichir. Critiquer ce que l’on nous dit être vrai et démentir ce que les livres racontent. Les contes de fée m’ont promis un amour aussi rose que les nuages et, lorsque j’ai eu sept ans, mon frère m’a tendu un crapaud que j’ai refusé d’embrasser. Free Spirit, avec les moyens du bord.

Il m’arrive de prendre mes jambes à mon cou et de me prendre pour un oiseau. Il m’arrive d’allumer des cigares et de les laisser posés entre mes lèvres. Il m’arrive de partir à l’aventure et de fabriquer des gâteaux qui sècheront sur le comptoir. Il m’arrive de chercher l’automne en été, de regarder quelqu’un dans les yeux trop longtemps et de m’y perdre un peu.

Mais le plus souvent, ce qui m’arrive, c’est de perdre le souffle en fin de phrase.

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Entre elles.

juillet 25th, 2014 · Ma vie, en tranches...

Je rentre zen-zen d’une excursion de canot-camping. J’étais en présence de trois filles que je ne connaissais pas il y a quatre jours et je peux dire d’elles ceci : ce sont des femmes incroyables. J’ai senti qu’entre elles toutes, il se faisait suffisamment d’espace pour que naissent des miracles et de grandes amitiés. Comadre est l’un des mots espagnols que je préfère et il n’a pas d’égal dans la langue française.

***

La voiture s’enfonçait dans les bois depuis quelques heures, déjà. Le vent entrait par les fenêtres et mes cheveux s’emmêlaient. Je n’avais aucune idée de l’endroit où l’on allait et je n’ai pas posé la question puisque je me fichais bien de la réponse. L’idée que l’on se dirigeait peut-être au Nord me plaisait, alors je l’ai fait mienne.

Avant de partir, j’avais laissé mon téléphone portable chez moi, histoire de laisser au temps la chance de couler de lui-même. Mes coéquipières ont aussi rangé tout appareil leur permettant de distinguer le jour de la nuit. Munies de lampes frontales, de plus de nourriture qu’il n’en faut et d’une boussole, on a posé les canots à l’eau et on s’est mises à ramer. Coup en C, coup en J, appels et ses débordés; je ne savais pas le langage des canotiers. Au-dessus de nos têtes, les nuages passaient du blanc au gris, puis, du noir au rose. Il y avait des aigles et des hérissons. Les huards pleuraient. Avec un peu d’imagination, on pouvait croire que c’étaient les loups qui hurlaient.

En soirée, on se rassemblait près du feu et on fumait de l’herbe. Seules sur notre île déserte, on contemplait les cimes des arbres et on sentait le vent se lever contre soi. Il y avait des épinettes rouges, des pins blancs et des maringouins. De nos jours, il est rare de trouver des gens avec qui l’on se sent bien et avec qui l’on se veut vrai, dès le premier instant. Il se fait encore plus rare de tomber sur des filles qui savent contempler la nature dans tout ce qu’elle a de grandeur, de force et de fragilité. Je ne sais pas où ces filles-là ont appris, mais, en les regardant ainsi observer le crépitement du feu et écouter le bruit des vagues, j’ai senti monté en moi tant d’espoir pour ce sexe que l’on a trop longtemps nombré deuxième.

Il y avait au ciel des étoiles. Certaines filaient et d’autres restaient là, bien accrochées. Je me suis assoupie sous la bâche et j’ai pensé à toi. Je me suis demandée ce que mes pensées avaient à faire d’un garçon à ce moment précis, puis je me suis laissé bercer, toute. Nue, je me suis permise ces pensées qui t’allaient bien. Pour des baisers et quelques éclats de rire, je nous ai même fait glisser sur une de ces étoiles qui filaient.

Pendant quatre jours, je n’ai eu pour seule lecture que les rivières. Je ne me suis pas lavée et je doute que mon corps sentait aussi bon qu’il se sentait bien. Je le donnais à l’eau et au soleil, je laissais ma peau en fringale aux moustiques et je cherchais en moi un fond marin. Je tanguais. Je dessalais.

***

Au retour, je me suis réveillée au beau milieu de la nuit et j’ai pleuré. Je me suis posée sur le balcon et j’ai grillé une cigarette. J’ai eu envie de me laisser prendre par la taille, ou par l’été, et de construire des ponts là où d’autres érigent des murs. C’est que quatre jours ont suffi à éveiller la femme sauvage qui dormait en moi. Cette femme, je l’endormais depuis un an. Hélas!, la ville a tout pour vous rappeler le temps qu’il fait et, si c’est la nuit, on ouvre les yeux et il n’y a pas d’étoile. Au-dehors, le bruit des gens et des camions ont remplacé le bruit des vagues.

Je suis rentrée zen-zen et j’ai eu le mal de mer sur terre. C’était plus fort que moi; dans mes songes, je soufflais très fort pour que la marée se lève et je me réveillais épuisée. Je rêvais que je me noyais en eaux profondes. La femme que l’on est naît au contact des rivières et au frottement du vent. Notre femme sauvage naît sur les cailloux, lorsque la corne de nos pieds touche le sol et que nos jambes sont lacérées par les herbes hautes, que nos cheveux deviennent de paille et que notre peau durcisse et brunisse sous le coup du soleil. La femme sauvage est de toutes les couleurs et se situe au fond de chacune. Si vous ne l’avez pas encore vu jaillir, peut-être est-ce le temps idéal pour une balade en forêt.

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Évidé.

juillet 7th, 2014 · Ma vie, en tranches...

J’écris un premier billet de blogue dans mon nouvel appartement dénué de ses meubles et d’une connexion Internet. J’ai le cul par terre, je bois une bière dans sa cannette et j’ai mal au cœur d’avoir malencontreusement avalé une tranche de pepperoni. Le végétarisme doit beaucoup à la psychologie, il y a des adverbes trop longs pour rien et j’ai envie de me faire une soupe même si la température ressentie est de 42 degrés Celsius. Ma concentration s’absente le temps de penser à toi et à l’imminente réparation de mon ordinateur et je ne dors plus. J’ai le sommeil in troubles, j’attends la livraison d’un sommier et j’écoute l’Opus 8,2 de Brahms en me demandant s’il ne s’agit pas simplement d’un mouvement de l’Opus 8 puisque ça me paraît être une étrange façon de nommer une master piece; huit et trois quarts, tant qu’à y être. J’aimerais qu’on me sorte à l’orchestre pour m’expliquer la vie que mène la musique classique. J’ai envie d’envoyer chier la modernité, le temps d’une soirée.

Sit Down. Stand Up. JESUS : JE DÉTESTE LES TRANSITIONS. Je n’aime que les chutes de larmes dans les aéroports et les champs de lavande, l’exil et le froid lors des hivers glacials, les séparations dans les gares et les retrouvailles dans d’autres gares. J’aime lorsque le sol change de couleur, qu’il se dérobe sous nos pieds, j’aime les hommes même lorsqu’ils se transforment en crapauds. J’aime ne pas faire partie de l’histoire qu’on raconte, je préfère la contemplation et, plus encore, le bruit des planchers qui craquent et le goût des gâteaux au chocolat. J’aime les châteaux de sable que font les enfants, sans aimer les enfants pour autant. J’aime lorsque sous des airs de rien, il se trouve mille trésors.

Mon appartement me ressemble, il est romantique. Si je n’ai pas encore switché l’électricité à ON, ce n’est pas tant pour le bill que puisque je préfère attendre. Attendre. J’attends que le train passe dans une ville où il ne se trouve pas de gare.

Je me suis réveillée avec un mot en pensées. Je pense écrire ce mot, mais je ne sais pas sa terminaison et, plus je songe à ses lettres, moins sa composition me paraît évidente. Certains poètes cherchent dans les dictionnaires leur cosmos, mais seuls les poètes véritables attendent que la nature leur dicte les choses. Il faut écrire autre chose, faire plus simple. Si je ne sais pas un mot, c’est qu’il ne m’appartient pas encore. Il faut travailler, travailler plus. Plus fort, mieux, beaucoup et encore davantage. Homo laborans, mais pas la description qu’en donne Arendt. Elle est déprimante celle-là, alors je la lis aux chiottes.

Je haïs les transitions et je crois que c’est pourquoi je les écris si maladroitement. J’attends. Toutes les portes et fenêtres sont ouvertes. La peinture sent plus fort qu’elle ne sèche. Je suis claquée. J’ai du blanc partout, jusque dans les cheveux. Bienvenu chez nous! Welcome home babe! Je vais vivre seule, aussi bien commencer à me parler toute seule ou à ma plante qui est exotique et que j’ai nommé Eugénie Gagnon.

***

( Le voisin a un chien, il l’emmène au boulot. Le toutou s’appelle Whisky. Ça me rappelle mon passage à Londres, il y a deux ans. J’étais assise sur un banc, à Hyde Park, et une vieille dame criait WHISKY!, WHISKY!, en zigzaguant entre les arbres. Je la croyais complètement bourrée et je me suis dit qu’elle devait être à la recherche d’une bouteille tombée par-là. Puis, j’ai vu un chien sortir des buissons. Fin de la parenthèse.

***

J’espère m’ennuyer ici. J’espère m’ennuyer beaucoup et éperdument. Il faut s’ennuyer beaucoup, pour écrire. Il faut que quelque chose manque ou qu’il y ait un trop plein qui nous bouffe pour que surgissent les mots du blanc. En attendant, j’apprends à coudre. Ils m’ont livré un sommier et un four. C’est dommage que l’envie de préparer une soupe me soit passée. Il ne fait plus 42 degrés, peut-être la moitié. Je n’ai pas faim. J’ai le cœur en écriture et la journée pourrait filer sans que je ne voie les passants, les chats de gouttière ou cette pluie que j’entends tomber. Toutes les fenêtres sont ouvertes. Les bruits proviennent de la rue et je l’imagine bien, cette rue, derrière mon écran. Je tire une réalité de mes souvenirs. Je crée.

Je ne prendrai pas de photo de ma chambre et ne partagerai pas sur Internet l’image de cet espace où j’écris. On ne verra pas la couleur des rideaux que ma mère a confectionné et chaque personne que j’inviterai chez moi, il me faudra l’aimer d’abord. Books are in shelves, l’encens brûle et j’écris dans toutes les pièces. Je me sens ici chez-moi, déjà.

 

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«  La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle. Et les femmes ont toujours été pauvres, [...]. Les femmes n’ont donc pas eu la moindre chance de pouvoir écrire des poèmes. Voilà pourquoi j’ai tant insisté sur l’argent et sur une chambre à soi. » 

- Virginia Woolf, Une chambre à soi

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D’éternité.

juin 18th, 2014 · Ma vie, en tranches...

J’ai une vie d’artiste, bien que ce mot sonne ridicule. Je n’ai pas d’horaire fixe, je me réveille en dansant. Personne ne dépend de moi, pas même un chien ou un tournesol. Je n’ai ni jardin, ni voiture, ni mixette spéciale qui coupe vos légumes en forme de cœur. Je ne sais pas comment j’arrive financièrement, mais je sais que je n’arriverai bientôt plus. Je refuse de vivre de mon domaine, un autre truc qui sonne débile, même si je suis qualifiée pour l’emploi. Je veux vivre de ma plume et de mes idées, le vent dans les cheveux, une bonne bouteille sur la table et de l’eau fraîche au bord du lit. Je veux aimer un peu, être gnan-gnan du soir au matin et tracer des marguerites dans mes carnets. Je veux une vie en marge de celles des autres, mais il faut que je m’achète une laveuse-sécheuse et un nouveau portable puisque le truc sur lequel j’écris, c’est vraiment de la marde.

***

J’ai 26 ans et, certains soirs, je souhaite mourir. Je fais un pacte avec Dieu avant de dormir et, le jour où il le respectera, il n’y aura pas de réveil. Ma grand-mère se fait opérer demain, deuxième cancer. Elle a 86 ans et elle veut vivre.

- Tu sais, ma grande, je commence juste à être heureuse, avec ma chambre à l’hôtel et mes sœurs qui viennent me rendre visite. Pour la première fois de ma vie, je suis bien toute seule. La semaine dernière, j’ai fait de la place dans la chambre et mes sept sœurs sont venues me voir. Ça faisait des années que ce n’était pas arrivé.

J’étais silencieuse et je l’écoutais se raconter. Je souriais au téléphone en m’imaginant ces huit bonnes femmes confinées à une minuscule chambre d’hôtel à parler du village et du voisinage qui ne se voisine plus. Elle a mis fin à notre conversation avec un : – On va se revoir, ma grande.

Depuis, je n’ai pas cessé de pleurer. J’ai peur. Je n’avais pas pensé qu’elle pourrait ne pas survivre à son opération. Dans mon gnan-gnanisme, il y a certains trucs qui ne marchent pas : les fleurs poussent même en hiver, la viande qu’on mange ne provient pas des animaux, les Amours tiennent à leur lettre majuscule, les individus se trouvent beaux dans leur couleur de peaux différentes, les pissenlits sentent bon, les oiseaux ne brisent pas leurs ailes, les larmes de ceux qui pleurent abreuvent ceux qui ont soif, les nuages sont faits de ouate et les gens sont éternels.

***

J’ai terminé ma session d’études, hier soir. J’ai l’été devant moi et toutes ces belles choses que je souhaite faire : déménager, avancer mon roman, trouver un Summer Love… J’accorde bien trop d’importance à un verbe qui n’en a pas; faire. Et si j’étais, peut-être serais-je celle que je voudrais être.

Une artiste qui ferait vivre sa grand-mère éternellement.

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Fuir la lune pleine.

juin 13th, 2014 · Ma vie, en tranches...

Rédiger avec la pluie. J’écris sur le thème de la fuite. J’ai envie de me fondre dans le texte et de me mettre à courir. Se fuir ou bien rester. J’ai envie de créer, créer vraiment, créer tout à fait. De quoi ça a l’air quand tu crées pour vrai? Ça a des airs d’ailes qui flottent et de bateaux qui brûlent. Quand j’écris, je suis libre comme un papillon. Je vois le monde d’à côté, d’au-dessus.

Émotions, pensées, enveloppes corporelles. Il faut savoir sortir de ces lieux où l’on ne se trouve pas. On est tellement plus que ce que l’on croit; la somme de toutes les possibilités. Je suis bien plus que tous ces hommes que j’ai embrassés. Il faut chercher à se comprendre dans la vallée des étourderies. Comprendre : embrasser dans l’ensemble.

Se laisser aller, faire revoler le café sur le plancher, que la porcelaine éclate sur le bois, entendre tout ça, mais se laisser faire et se laisser prendre. Laisser les émotions, les intuitions monter, ne pas savoir de quoi l’on parle, mais dire quand même. Ne pas se censurer, jamais. Laisser résonner la musique au-dedans, au-dehors, c’est si peu important. In what do you believe in? Aux fleurs et à la crème glacée. À la chirurgie esthétique aussi, mais ça, on dira que c’était de mon temps et un problème de société.

Et si l’on tombait amoureux? Don’t be scared. Ce n’est pas parce que j’aime tout et tout de suite que je t’aimerai toi, là maintenant. Je n’aime que pour moi, la plupart du temps. Fais de nous deux un château de sable, un château de cartes, pourvu qu’il n’y ait pas d’entrée pour les princes et ses princesses. Un jour, je te raconterai pourquoi je préfère les monstres, dans les contes de fée. Mais on n’en est pas là. Le temps des croyances, des craintes et de l’enfance viendra. Pas maintenant. Découvrons-nous comme si nos corps devaient cacher quelque chose. Je m’en fiche un peu que l’on tombe pour l’autre ou pas. On a des langues et c’est tout ce qui compte. Et si l’on s’embrassait?

C’est vendredi 13 et jour de pleine lune. J’ai rêvé que je baisais en fou et que je publiais trois exemplaires d’un livre dans lequel une faute s’était glissée. J’avais écrit le mot exercice; exercisse. Être consciente de mes rêves, ça ne m’arrive jamais. On va mettre ça sur le dos de la lune qui se remplit et si l’homme que j’embrasse ce soir est un peu con, on dira que ça vient d’elle aussi. Mais il n’y aura pas d’homme con ce soir et pas de whisky non plus. J’en ai marre de la piraterie.

Je vais me mettre en boule, me créer des histoires et m’aimer le corps sous la pluie. Je me mettrai à courir, mouillée, au-dedans comme au-dehors, c’est si peu important. Je rédigerai ma fuite jusqu’à me laisser fondre en elle.

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Étudier pour faire.

juin 10th, 2014 · Ma vie, en tranches...

J’ai un travail à remettre dans quelques jours et j’ai envie de péter un score puisque, pour une de ces rares fois à l’université, j’ai choisi un sujet qui me tient à cœur, ou du moins, qui m’intéresse vraiment. S’intéresser devrait toujours se placer au-devant des obligations. Mon travail consiste à construire l’idéaltype de la fuite et ça m’emballe.

Il arrive que les gens me demande ce que je vais faire d’une maîtrise en sociologie. Je pense que la prochaine personne qui osera me poser la question, je lui répondrai que c’est à cause de questions pareilles que je ressens le besoin d’étudier la société.

Étudier pour faire…

J’ai eu ma mère au téléphone :

« OK Sab, c’est bien beau les études, mais ça n’a rien à voir avec ton domaine. Il me semble que tu aimais ça les communications, non? Tu étais bonne, en tout cas. Je veux juste savoir tu vas faire quoi dans trois ans? Et ça mange quoi en hiver, la sociologie? J’ai l’air de n’être au courant de rien quand les filles me demandent ça au bureau. Je ne sais jamais quoi leur répondre. »

Si j’avais ce genre de certitudes qui permettent de savoir où je me trouverai dans trois ans, ou même demain, je m’arrangerais probablement pour y être tout de suite. Rien ne va jamais assez vite. J’ai cet âge ingrat qui, bien qu’il s’épuise, continue de croire que la vie lui doit quelque chose.

JE VEUX FAIRE LES MÊMES ERREURS MILLE FOIS ET ME TROMPER ENCORE.

Épiphénomène!

Est-ce qu’il vous arrive de rentrer à la maison en toute hâte pour vous jeter dans le dictionnaire? Moi, ça m’arrive tout le temps. Il y a des mots qui me hantent toute la journée, je les cherche une fois à la casa et je suis déçue, la plupart du temps. La déception des définitions objectives. Objectives est un mot qu’il faut écrire vite, ou en italique, puisqu’il ne veut rien dire. Il y en a plusieurs des comme ça. Je préfère mes définitions à celles du dictionnaire, mais puisque je n’ai pas une définition pour chaque mot, reste encore le dictionnaire.

Étudier pour faire… Rien à faire, je n’y arrive pas. C’est une formule qui ne trouve pas d’écho, chez moi. « Sorry Mommy, va falloir inventer quelque chose pour tes copines au bureau.  »

Tadam! Épiphénomène. C’est en plein ça, il va falloir inventer…

Je veux de l’université qu’elle soit au service de ma création.

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Camarade Pirate.

juin 8th, 2014 · Ma vie, en tranches...

Cher pirate,

Je t’écris au parc. Il y a des familles et des oiseaux. Il est tôt. Les lève-tôt, c’est bon pour l’avenir, mais pour les party animals, ce n’est pas le top. Je suis passée au dépanneur pour m’acheter une boisson pour sportifs, mais je t’avertis tout de suite que ce n’est pas aujourd’hui que je vais me taper 15 kilomètres.

Si tu avais vu le nombre de poussettes sur la rue, Man, tu serais encore en train de chialer. Je t’imagine gueuler avec une gueule de bois aussi historique que la mienne. Des enfants courent autour de moi. Ils courent après rien, pas même des papillons. Si j’étais parent, je leur achèterais des cerfs-volants à ces kids-là. Ce serait plus joli. Les enfants poussent tellement dans mon quartier, ça fait des regroupements de personnes, des familles partout. Ça prend de la place sur les trottoirs les amoncellements de gens, les poussettes, les toutous tombés par terre.

Je n’arrive pas à tenir à deux plus de deux semaines, alors là une famille, tu m’imagines? Tant mieux, moi non plus. Je me fais des scénarios où tu me réponds. C’est génial l’écriture! J’ai un travail à remettre dans quelques jours, je devrais m’y mettre. Tu parles, je préfère t’écrire et te raconter l’état incroyable lamentable dans lequel on se trouvait hier soir.

Je n’ai pas tout dit sur la famille. Si j’y pense, et j’aime bien y penser, je pense aux miens et qu’est-ce qu’ils me manquent. Je ne vois vraiment pas pourquoi on fonderait une famille pour que plus de gens se mettent à manquer. On exclut la personne qui parle. Il faudrait ajouter beaucoup de mots à ce texte pour tout dire sur la famille. Je préfère en rester là.

Mon mal de crâne est lancinant. J’ai les peurs de tout lendemain de veille grandiose : peur de regarder mon cellulaire et de jeter un coup d’œil à mon compte bancaire. Il s’appelait Jameson et ne rencontrera jamais maman.

Babe, quand je repense à la tête qu’a fait le doorman quand il nous a vu entrer. Pourquoi il n’était pas dehors, d’ailleurs? Tu as raison, parce qu’il était huit heures et demie. Next time, you should dress way better. Pour qui il se prenait celui-là avec son anglais alors qu’on n’était ni dans le Mile-End, ni à Westmount. Et un Club Privé. Chéri, qu’est-ce qu’on faisait là?

Enfin, je t’écrivais juste pour te dire que les Powerade sont en spécial.

C’est la plus belle journée de notre vie!

 

***

OUCH. Regarder son téléphone et l’état de son compte bancaire. OUCH. Se mettre de la crème solaire dans les yeux. L’idée, c’est de changer le mal de place, une gorgée de Powerade à la fois.

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Fruits exotiques.

juin 2nd, 2014 · Ma vie, en tranches...

Je suis incapable d’écouter les Gymnopédies de Satie sans pleurer. Chez moi, la peur et l’amour se disputent le même espace dans ma cage thoracique et c’est plus joli de parler de cage thoracique que d’intestins, mais si l’on était vraiment honnête envers soi-même, il faudrait s’avouer qu’on ne sait pas de quel organe il s’agit, qu’on ne sait rien de l’endroit où naissent les émotions. Mais puisqu’elles meurent, elles aussi.

Se laisser prendre, se laisser faire, laisser le vent emmêler ses cheveux et jeter son parapluie dans une corbeille en papier s’il pleut. J’ai cette obsession qui me tourne dans la tête, ces jours-ci. J’aimerais me faire tatouer une chute de cœurs le long de la cuisse. Des cœurs difformes aussi. Un decrescendo qui se perdrait jusque sous mon pied. Je rêve qu’il se fait des soirs, tous les jours dimanche, où l’on se mettrait à courir très vite et à manger des pamplemousses.

Je ne fais plus l’amour, pas même en rêve.

Ce qui est drôle, c’est que les gens pensent parfois que j’écris mon journal ici. Je ne dis jamais, dans mes carnets, le sexe ni l’odeur de cet acte d’amour qui prend tant de place dans mes textes. Chez moi, je parle de toute autre chose. Je me laisse aller. Je préfère lorsqu’il n’y a aucune linéarité. GO DEEP. Apprendre à nager.

La superficialité de certaines relations me tue, me saoule, m’exaspère… Laisser des points de suspension pour que les gens développent la paranoïa. Laisser les histoires suspendues puisqu’on préfère d’elles qu’elles ne se terminent pas. Sur nos vies inachevées… Je t’en prie, chéri, revoyons-nous. Une dernière fois. NO-NO. Tuer le romantisme à coup de mots, d’embrassades sous la pluie et de crasse sous les ongles.

L’œuvre d’une vie ne se résume pas à la lecture qu’on en fait.

J’ai parfois peur d’oublier une phrase que je veux écrire, alors je me la répète toute la journée. Le soir, en rentrant chez moi, j’allume mon ordinateur et je ne trouve plus le flot qui m’habitait quelques heures auparavant, ni même un brin d’excitation créative. Laisser aller. Laisser faire. Se placer en marge de tout pour que la vie continue et que résonnent plus fort les Gymnopédies, le chant des oiseaux et le vacarme que font les voisins avec un outil dont je ne sais pas le nom. Que roulent les pleurs sur mes joues.

Words. Words. Words. Citer Shakespeare. Tout faire pour le plaisir. Ne pas savoir où s’en va ce texte, sinon se péter la gueule, mais poursuivre quand même. J’aime lorsque mes doigts effleurent le clavier. J’aime quand mes doigts vargent les touches. Je t’aime. Touchons-nous.

Je préfère écrire à la main, passer minuit. Ces constructions que l’on se dessine! Du soi, partout. Se colorier. Et si ce n’était qu’un moyen de plus pour glisser vers l’autre. Moyen est un mot affreux et j’aurais pu trouver autre chose, mais je n’ai envie de composer qu’avec ce qui vient, ces temps-ci. Je n’ai pas envie de me sonder l’esprit, je préfère m’envoler. C’est peut-être le soleil ou pas ça du tout. Je préfère bloguer que de travailler à toute autre forme d’écriture. Vivre pauvre. Refuser d’être misérable.

J’ai envie d’avoir les cheveux roses, d’aller à New York City, de salir mes chemisiers en soie de crème en glace, de rentrer chez moi complètement bourrée, mes talons hauts dans les mains, et de laisser des points de suspension sur place, sur mes relations, entre nos bouches, de laisser les saisons se perdre et aux nouveaux projets la chance de me trouver.

C’est l’été, et si on jouait?

 

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Freedom is…

mai 31st, 2014 · Ma vie, en tranches...

Je me suis rendue à un événement à la course, hier. Il était 7 heures du matin. La veille, je m’étais mis en tête que j’allais passer tout droit, alors j’avais cru brillant de programmer l’alarme de mon téléphone avec deux heures d’avance, par mesure préventive. La veille, le gin limonade et moi, on s’aimait bien.

J’étais en avance, seule, essoufflée, démaquillée et j’avais les cheveux gras. J’étais arrivée la première dans ce genre d’happening où c’est cool d’être Fashionably Late et j’étais awkward parce que je suis vraiment awkward avant le premier café. En regardant ma montre, je me suis dit que j’aurais quand même pu prendre une douche.

Time is… (Il y aura dans ce texte beaucoup d’anglicismes puisque c’est aussi très cool de parler le plus de langues possible dans la même phrase. Je déconne.)

Anyway, j’avais hâte d’entendre ce speaker-writer- voyageur-artiste-grand marathonien-esprit libre-documentist se raconter. (Clairement, on n’a jamais su décrire un bohème et ce n’est pas moi qui résoudrai ça aujourd’hui.) Ce gars-là, je le suivais depuis longtemps sur les médias sociaux et c’est de la rétroaction de son voyage et de son indie publishing dont j’avais le plus envie d’entendre parler.

Pour ce qui est du thème de l’événement, la liberté, je me doutais bien qu’il n’y croyait pas. On ne peut pas être aussi libre d’esprit que lui, on ne peut pas avoir tant voyagé, et définir la liberté autrement que par un concept un peu flou et aussi indéfinissable que l’exotisme, ce lieu où l’on n’ira jamais.

J’attendais, un café à la main, et j’ai jaugé la salle du regard. J’ai eu un de ces flash-back. Je me suis vue, dans mon ancienne vie, du temps où j’étudiais en comm et que je travaillais en agence. J’ai crissé mon téléphone dans le fond de mon sac, me jurant de ne le reprendre qu’à la fin. J’ai observé. Je regardais les gens photographier les cupcakes et boire du champagne à 8 am. Sourires, bises, bonjour, hi and shaking hands.

Une fille s’est approchée de moi et m’a demandée ce que je faisais là. Je me suis présentée. Sabrina, I’m here to get inspired by this guy. I hope that he is as smart speaking as he is funny and cute writing on the Internet. Elle, elle était là parce que sa firme l’envoyait faire de la prospection. J’ai demandé à la fille si elle avait fait HEC. How do you know? Je cherchais quelque chose à répondre au moment où un photographe est venu nous demander qu’est-ce que c’était, pour nous, la liberté.

J’ai regardé la caméra et j’ai répondu que, pour moi, la liberté ultime c’était la liberté de penser et de critiquer son éducation. Et là, j’ai eu l’impression de m’être mis les pieds dans les plats puisque je venais de dire à cette fille que je ne connaissais pas qu’elle correspondait en tout point à l’image que je me faisais d’une jeune femme sortant de l’université d’où elle sortait.

Elle a répondu, à son tour, que la liberté c’était la possibilité de faire des choix. C’est la probabilité, elle a dit. Je l’ai quitté et je suis allée m’asseoir dans la salle. Je me suis rappelée avoir écrit ça sur mon blogue, au sujet des femmes. Le féminisme, c’est une femme qui a des choix. Quelque chose dans le genre. Je me suis dit que j’étais à côté de la plaque et j’ai pensé au concept de choix comme de la liberté… Des illusions.

Que d’illusions!

 

***

Je sors de la fiction pour dire comme j’ai trouvé ça vivant, intéressant, pour dire comme j’étais contente d’y être, à Creative Mornings Montreal. Je ne vais plus à ce genre d’événements depuis que je ne travaille plus dans le domaine, et c’est peut-être aussi bien, parce que j’avais vraiment envie de péter des gueules. (Rires.) La dame assise à mes côtés qui a passé tout le speech sur Twitter…

J’en ai profité pour acheter le premier livre de Daniel Baylis, The Traveller. Je le lisais en marchant, jusqu’à chez moi, et j’ai éclaté de rires à la page 2, puis 3. Je préfère la lecture aux happenings. On peut y rire trop fort, y être awkward et ne pas se soucier d’avoir les cheveux gras.

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Jumper.

mai 23rd, 2014 · Ma vie, en tranches...

J’ai envie qu’il pleuve très fort, que l’on balaie tout ça, que les choses poussent, que l’on se revendique le droit d’aimer n’importe qui, n’importe où, même si la personne qu’on aime, on ne l’aime pas tout à fait ni comme il faudrait. Les gens méritent des montagnes de pépites d’or et de crème en glace. Sur des airs rock’n’roll, si ça peut leur faire plaisir.

C’est aujourd’hui l’anniversaire d’un homme que j’adore. Je lui ai acheté un tournesol pour que sa vie se tourne du côté du soleil. Cette manie que j’ai de toujours acheter des fleurs aux hommes. J’aimerais ne pas avoir besoin de dire les choses. J’aimerais me libérer des autres, mais puisque j’aime, aussi bien aimer tout croche et au complet, pourvu que… Pourvu est un mot très laid.

« Les mots ne sont que des souvenirs. » J’ai lu ça quelque part. Du génie! Je termine un livre intitulé Vivre le moment présent. De la connerie! Vivre le moment présent, ce n’est rien d’autre que d’accepter que ce qui est, déjà, n’est plus et que le temps nous est passé dessus. « Les mots ne sont que des souvenirs. » Les mantras, c’est comme le thé et la soie. Ça s’importe, mais c’est mieux en Orient.

Est-il possible d’avoir trop d’empathie? J’en ai pour les lilas. Il faudra développer à ce sujet, un jour. D’un coup que ça intéresserait quelqu’un.

Je suis à la Grande Bibliothèque. Je pense à Amsterdam, comme à chaque fois que je me pose ici, près des fenêtres. Je nous revois, le poète hollandais et moi, dans la moderne bibliothèque d’Amsterdam, près des baies vitrées. Je pense souvent à lui. Je n’ai pas répondu à son dernier courriel. J’aimerais lui envoyer des fleurs. J’ai égaré son adresse. J’aimerais faire parvenir des fleurs à tous les gens que j’aime, partout sur la planète. Ça, et m’acheter le bâton de rouge à lèvres Candy yum-yum, de chez MAC. C’est une femme à qui j’ai fait un compliment, hier, qui a créé ce besoin chez moi.

A-t-on réellement besoin de quelque chose? D’eau, puisque le corps en est fait. Et encore, a-t-on réellement besoin de quelque chose? De peurs et de vertiges, peut-être. De fleurs et de beaucoup de pluie. De la pluie pour balayer tout ça, pour arroser le tournesol et prendre une deuxième douche. J’ai une odeur de sexe dans les cheveux. J’ai mis trop de revitalisant, pourtant. Il faudra les relaver. Tout est toujours à recommencer et je suis fatiguée.

J’avais ma mère au téléphone, hier soir. Je m’informais de l’état de santé d’un proche et j’ai lâché quelque chose comme : La mort est la seule liberté véritable. Et quelque chose d’autre comme : Sauf les médicaments, son seul espoir dans cette société, c’est la mort. Ma mère, ça la fait capoter quand je dis des trucs pareils. Je crois qu’elle pense à des trucs auxquels je ne pense pas.

Je rêve. Mon esprit jumpe et je le laisse jumper. Je n’ai jamais écrit jumper dans un texte, et là, je me lâche lousse et l’enligne, trois fois de suite. Wild is the wind. Nina Simone, keep singing. On s’accroche au vent, mais on ne s’y sent bien que lorsqu’on ferme les yeux et qu’on le laisse se mêler à nos cheveux. Ferme ton parapluie, il pleut. Dis-moi ce que tu aimes, au lit.

J’ai faim. On ne peut pas manger, à la bibliothèque. Qu’est-ce que ça peut être chiant le respect des livres, le civisme, le patrimoine, la conservation des objets, l’intellect. J’ai envie de partir en montagnes, en camping, en moto. J’ai envie de me mettre à danser sur un chameau. Tout ça, c’est très cool, mais il faudrait que je me mette quelque chose sous la dent, avant d’y aller.

J’ai envie de dire à cette fille qu’elle a des jambes complètement débiles. J’utiliserais ces mots-là. J’ai envie de dire à ce type que sa tête a une drôle de forme et qu’elle me donne des sourires. I’ll write it down instead. Les gens ne sont pas prêts à recevoir leurs vérités. Comment leur expliquer que, si l’on plonge à l’intérieur de soi, on comprend tout le monde? On comprend même ceux qui ont commis des gestes irréparables, des trucs affreux. Salut Grand-père!

Je me suis achetée des espadrilles de course, ce matin. J’ai dans mon garde-robe plus de sneakers que de paires de pantalons. Il faudrait beaucoup courir pour justifier ce qui ne se justifie pas. Faire l’éloge de la fuite : COURS! Si je cessais de m’acheter des sneakers de toutes les couleurs, peut-être aurais-je moins envie de me sauver et peut-être même que j’aurais suffisamment d’argent pour envoyer des fleurs aux quatre coins du monde.

En parlant de l’autre bout du monde, il faudrait que je lâche un coup de fil à mon frère. Il me manque, le petit. Le petit est plus grand que moi.

Je rêve, hangover. J’ai le cerveau l’fun, une fois l’envie de vomir et de faire une overdose d’acétaminophène passée. Rien n’est permanent. Je suis tellement bouddhiste que j’ai cessé de tuer les araignées, chez moi. Vivre, c’est laisser vivre! Je dis n’importe quoi, depuis plus de 800 mots, déjà. Je ferais mieux d’aller au gym ou de rentrer en mangeant un pain au chocolat. Ma vie est si grande! Et si on parlait d’autre chose?

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