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Faire partie du monde

C’est assez étrange et c’est à la fois ce que je ressens, cette impression de faire « plus » partie du monde, cette illusion qu’en Europe, je me rapproche d’une diversité qui me ressemble, alors que je suis dans un pays où les politiques migratoires et mesures d’«intégration» sont reconnues pour mettre de l’avant le sameness blond et éduqué. Je caricature bien sûr, mais tout de même, on le voit jusque dans la rue, la politically/nationally correctness que certains chercheurs ne se gênent pas de nommer danishness dans leurs études de terrain et autres investigations. Pas si étrange, je l’ai toujours su. À […]

Matins sans fin

Cette béné-malédiction lorsque j’ai un travail à rendre à minuit se manifeste à chaque fois tel un puissant besoin d’écrire qui vous prend au corps et qui s’accompagne d’un plaisir créatif surpassant tout; la faim, le cul, le goût de courir. Cette brève créative, où pour un instant l’on cesse de courir après sa queue comme font ces chiens lorsque le temps se fait attendre et que l’imagination s’est absentée, me fait perdre le focus et je n’y peux rien, je me laisse trainer dans les mots comme d’autres se font trainer dans la boue et je suis une marionnette de […]

Un texte difficile

Bien sûr, je m’en doutais. Bien sûr, je devais savoir que je sourirais à nouveau, que le printemps retrouverait son chemin jusqu’à moi et que je perdrais une fois de plus ma main dans les cheveux d’un homme le temps d’une histoire très belle, pour un soir ou pour une vie, où tout est enfin possible et où les draps sont défaits. Je devais le savoir, car si souvent ça m’est arrivé. Si souvent j’ai aimé à n’en plus voir clair, à m’en oublier l’existence. Si souvent j’ai aimé à ne plus savoir prendre en retour, à m’en gaspiller l’univers. Trop […]

Printemps sans TAS.

Pas de TAS pour moi cette année ! Pas de Trouble Affectif Saisonnier. Y-E-S !!! J’ai presque envie de crier Hourra. Les blues du printemps, ça me connaît. À chaque année, les jupes se raccourcissent, les manteaux s’allègent, les gens s’embrassent sur leur vélo, et moi, j’ai envie de brailler. J’ai envie de brailler alors je braille, je suis fatiguée alors je dors, je souhaite mourir alors j’entre en mode survie. Pour les gens « normaux », c’est le temps des bourgeons et des hommes en fleurs, mais pour moi, c’est le monde à l’envers, les idées noires, la peur du soleil […]

Amours imaginaires

Je m’ennuie. Je m’ennuie éperdument. Mon ennui est tel qu’il remonte à l’enfance et peut-être même qu’il date d’avant cette trépidante époque où j’inventais mes personnages, où j’étais la dictatrice de ma rue, où j’étais à la fois enseignante, danseuse, mère et jeune amante, où j’étais l’élève et le modèle pour lesquels je ne trouvais aucune compatible incarnation. À travers les regards que j’inventais alors, je me savais celle que je voulais être. D’aussi loin que je me souvienne, l’ennui m’a toujours habité. À certains moments de ma vie plus qu’à d’autres. Je dirais même qu’il lui est arrivé de me terrasser, violemment […]

Regard sur beige et autres couleurs

– Alors Sabrina, la ville te plaît ? Ce n’est pas bien compliqué, tout est beau ici. Tout est propre et en ordre. Tout est à sa place. Tellement que parfois ça me manque, le bordel de la ville, les klaxons, les sirènes et les trous de Montréal tout partout. Tu sais ce que j’ai écrit dans mon carnet quand je suis débarquée en Inde ? Il était 22 h du soir à l’aéroport de Chennai, je débarquais sur un tapis de poussières aux couleurs criardes, couleurs que même à la noirceur j’apercevais déjà… Non mais je dis vraiment n’importe […]

Pâques sans chocolat

We know enough about our external life. The facts delude us. Everything that is seen from the outside is really a delusion. I search for the revelation of these unknown secret selves, selves that we never articulate. Anaïs Nin Sortir de la ville, prendre le train pour Hvalsø, entrer dans les bois, prendre des routes sinueuses sur six kilomètres, marcher, marcher, marcher sur ma droite pour ne pas manquer l’indication qui devrait se trouver sur ma droite. Marcher un peu plus d’une heure pour ensuite ne plus marcher, pour ensuite m’asseoir et ne plus bouger. Pour quelques jours, m’arrêter. S’arrêter […]

Tempêtes et catastrophes.

Tempête d’eau sur Copenhague. Je suis trempée. Je me suis battue avec la pluie et mon vélo et mes jambes et je n’ai pas les vêtements qu’il faut pour une revanche du ciel contre le soleil. Je me pose à la cantine pour manger une soupe infecte, mais chaude. J’ai annulé le lunch avec les copines pour mon Moleskine et j’écris ce que je crois. *** Je crois que certaines personnes ont le coeur sombre. Je crois que certains individus dotés d’une redoutable intelligence et d’une particulière sensibilité se servent de ces richesses et autres privilèges afin que la terre […]

Soleil sur coeur qui se répare.

I can’t even write about this. It’s like the words won’t come out. I want to write about love and this is the only thing that drives me. I am on earth to love people and to tell them to love themselves better. How can I write about it if I am hurt so badly I can not see love anymore ? Je n’ai pas pleuré hier. Je me suis assise par terre pour méditer et j’ai réalisé que je ne pleurais plus. Je n’avais plus de larmes, peut-être même la tristesse n’était plus si profonde. Je me suis posée […]

Inconsolable

Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je vous aime. Je vous aime. Je vous aime. Je vous aime. J’aime, j’aime, j’t’aime. Je le dis vite sans même y penser. Je le dis à m’en essouffler. Je le dis à en perdre le souffle. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je l’écris à en pleurer, à m’y méprendre, à en perdre l’usage des mots. Mon besoin de dire varie en fonction du destinataire, alors que je crois […]