J’ai peur du jour où je devrai me donner la mort.
Je crains le matin où, habitée par mille délires, il sera l’heure de mettre fin à mes jours.
Devrais-je m’étrangler avec mes draps ou me hisser jusqu’à la fenêtre pour passer de l’autre côté ?
J’ai toujours su que j’allais mourir. Vous aussi. C’est bien là une des seules connaissances partagées par tout un chacun. Dans mon cas, par contre, c’est un peu différent. La mort ne viendra pas me chercher. Quoi que ça ne m’étonne pas, je ne l’ai jamais eu facile…
Je ne serai pas la première à qui ça arrive, la folie nous guette, tous ! D’encore plus près si on a le coeur sensible.
Je n’ai jamais fait rimer sensibilité et fragilité, préférant croire que ma force y résidait et prônant que cette connexion sentimentale fortifiait mon unicité. Balivernes !
La vie me réserve un sort plutôt tragique. Dommage que je ne puisse l’esquiver.
Je suis réaliste. Je sais qu’on ne me laissera pas la liberté de respirer indéfiniment.
Toute ma vie on m’a répété qu’à trop rêver je me péterais la gueule, qu’à trop rire je m’étoufferais, qu’à m’étendre au soleil j’attraperais le cancer, que courir provoquait une crise cardiaque, que la gourmandise m’empoisonnerait, que danser me briserait l’échine, que baiser transmettait le VIH et pouvait causer l’amour, le pire maux d’entre tous disait ma mère, tuant à petit feu.
Ma mère me l’a dit maintes fois : « Les gens heureux décèdent tôt. » Elle avait une de ces théories là-dessus… Je me garde les détails, une fidèle est déjà bien suffisant. Néanmoins, j’ai retenu l’essentiel : le jour où je me réveillerai le sourire aux lèvres, sans souci ni préoccupation, le jour où j’aurai envie de danser et qu’il n’y aura aucune musique, le jour où je me trouverai belle dans la glace, ce matin-là, je saurai que mon heure sera venue.
Au final, c’est payer bien cher pour vivre intensément…
Lorsqu’inerte mon corps sera trouvé, veuillez avoir l’amabilité de m’accorder mes dernières volontés et faites inscrire sur ma tombe :
Sa joie de vivre fut sa fatalité.
Amen.
Wow. Quel texte magnifique. C’est la première fois que j’entends « Les gens heureux décèdent tôt »! C’est un peu contre la croyance populaire, non ? Ou même contre les statistiques ? J’aime beaucoup ton écriture mais rassure-moi ! J’ai ri comme une folle en te lisant parce que je pense que « t’es drôle à mort! » sans jeu de mots… Du Anna Gavalda ! Je reviendrai te lire. Promets-moi d’être là surtout que je vois que tu as retrouvé ta verve.
C’est superbement écrit. J’aime!
« N’ayez pas peu du bonheur: il n’existe pas », c’est mon papy qui disait ca, ou Houellebecq…je sais plus trop..
Serait il possible, si ce n’est pas excissevement couteux, en energie et en travail pour vous, d’ajouter le « widget » newsletter à ce blog…pour recevoir les mise à jour par e-mail ?
(même si je sais que votre délire c’est « je fais ce que je veux, pour ma gueule, et je me fous de la votre », ce serait tout de même bien urbain de votre part, histoire de ne pas louper une publication….)
(ha oui, je n’ai pas, et n’aime pas, twitter, c’est peut être ca le truc qu’il me manque, en fait)
Merci bien.
@Nedjil
Avec plaisir, je suis présentement en voyage, mais je devrais cesser mon mode hippie et me trouver un toít fixe pour vivre dans le prochain mois donc aussitót que le temps me le permettra, j’ajouterai le Widget en question.
Heureuse que vous me lisiez et que vous soyez intéressé a recevoir mes nouveaux posts.
Cordialement,
SD.