J’ai tenté pour la deuxième fois d’achever la lecture de The Game, le Best Seller de Neil Strauss. En vain.
J’ai échoué car chaque page de ce livre m’exaspèrait par la généralité évidente, la banalité vulgaire et le cliché fatigué avec lesquels l’auteur y décrit les relations hommes-femmes. Pardonnez le ton tautologique, mais je trouve impressionnant qu’un ouvrage pareil se vende à des milliers d’exemplaires.
Vous n’avez qu’à lire la quatrième de couverture. Hilarante ! Cette bible du séducteur promet à n’importe quel nobody de devenir un pro de la gent féminine et offre la chance au pire amateur de se transformer en réel tombeur.
Les conseils à suivre pour être un parfait conquistador : Déstabilisez-la, faites-la courir et flirtez avec ses copines.
Cela paraît bien simple, mais rassurez-vous, les méthodes de séduction diffèrent selon les motifs poursuivis par Don Juan. Jeux de rôle et répliques s’adaptent selon l’enjeu. La mise peut être de coucher le premier soir, d’avoir un premier rendez-vous ou encore de faire en sorte que la voluptueuse plante blonde sur la piste de danse, qui ne vous aurait jamais jeté un regard, puisse s’éprendre de vous, etc.
Si je n’ai pu lire l’ouvrage dans son entièreté c’est que je me désillusionnais au fil des pages et qu’il m’était impossible de concevoir les femmes comme étant si prévisibles. Je savais déjà le romantisme et galanteries dépassés, mais que grossièreté et mauvaises manières les succèdent dans le discours mâle me déconcerte.
Cela dit, il est vrai que l’on se fixe des règles qu’on ne respecte pas toujours, et que, même si on choisit parfois ses adversaires, le jeu fait toujours un gagnant et un perdant. Le joueur possédant les meilleures qualifications gagne du terrain et on se retrouve seul à la case départ, sans Jack Pot ni prix de consolation.
C’est donc à contrecœur que je déclare que Strauss avait raison ; la séduction n’est qu’un jeu.
Toujours est-il, je tire ma révérence. Encore une chance que je ne sois pas mauvaise perdante.
Je poursuivrai ma quête en étant toujours qu’un simple pion sur le damier.
/
Anecdote.
Alors que je me trouvais au Pub Avenue, maintenant Pub Racine, un bar de mon village natal changeant de nom quatre fois par an, un homme s’est adressé à moi en me traduisant littéralement une réplique que j’avais lue dans ce livre dont j’avais commencé la lecture quelques jours plus tôt. J’aimerais pouvoir me remémorer le scénario exact du moment, mais je ne me rappelle que ma réplique : « Tu me vois surprise. J’étais certaine que les hommes de ta catégorie n’avaient nul besoin de Neil Strauss pour arriver à leurs fins. Dommage ! » J’ai tourné les talons sans pouvoir m’empêcher de me retourner pour tirer plaisir de son air abasourdi et satisfaction de son regard hébété.
La lecture, cette salvatrice…
Je recommande ce livre aux femmes. C’est qu’avec le succès que connaît ce livre, il se trouve parmi nous beaucoup de beaux joueurs.
Intéressant, mais si tu devrais finir le livre, tu verrais l’autre côté de la médaille (ce qui arrive à Mystery)