Au collège, je n’aimais rien. Je n’aimais pas la philosophie. Je n’aimais pas les arts. Je n’aimais pas le français. J’avais une facilité certes, mais les cours me faisaient chier. Je n’aimais pas la géographie. Je n’aimais pas l’histoire. Je n’aimais pas qu’on me raconte.
Je n’aimais que fêter sans occasion, frencher sans amour, m’habiller sans classe et dépenser sans le sou. Dépenser en vêtements, en fards, en énergie puis en essence que je brûlais à toute vitesse, la nuit comme au soleil. Je brûlais des calories par centaine sur le tapis comme sur le plancher, à toute ivresse. Je me vidais de qui j’étais comme des autres, à courte jeunesse.
Je me réveille aujourd’hui et je me regarde de loin. J’ai envie de raconter cette histoire qui me semble être celle d’une autre. J’ai besoin qu’on me raconte mon histoire et celles du monde.
J’aime toujours frencher. Je conduis toujours vite, bien trop vite. Je me cogne partout, dans tout ce que j’aime. Un amour comme certains en ont pour la philosophie, pour la géographie et le français pis les arts. J’ai faim des gens que j’ai laissé filer, faim de ceux qui m’ont quitté.
Tant d’amitiés perdues, d’amants dévorés. Ce besoin comme un vide ou comme un désir d’aimer que je crois en toi avoir trouvé. C’est rassurant d’y penser et effrayant de le vivre. Étonnant comme tu te maries bien avec cette faim des gens qui me ronge, cette fin du monde à laquelle je songe.
Il y a en moi, depuis que j’aime tout, depuis que j’aime tant, cette envie de voir le monde et de me faire avaler par toi.
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