S : Je trouve ça beau.
L : Qu’est-ce que tu trouves beau?
S : Ce que l’on vit. Toi d’abord, tes yeux ensuite, mais puisque les deux viennent ensemble mieux vaut les prendre. Je nous trouve beaux quand on dort, beaux quand on s’agite, quand on ne fait rien, quand on marche, quand on s’aime. L’orgueil des jeunes amoureux peut-être. On l’est tout ça et au-dessus et…
L : T’es belle quand tu parles.
S : C’est justement ça.
L : Baiser
S : Baiser
L : Baisers
S : Baisers
L et S : Baise
L : À quoi tu penses?
S : Je me dis que près de toi j’ai envie d’écrire et l’amour ça vide la tête. J’en ai pas l’habitude, mais d’habitude l’amour ça rend les têtes creuses et j’ai la tête pleine et je ne comprends pas d’où me vient cette envie d’écrire qui se traîne jusque dans tes bras.
L : C’est bien, non?
S : C’est parfait, mais frôler la perfection ça fait, je ne sais pas.
L : Parle-moi, tu le sais. Ça fait quoi?
S : Bruit de soupir
L : Baisers
S et L : Baise
S : Combien de fois deux jeunes corps peuvent-ils s’aimer dans l’espace disons d’une journée?
L : C’est peut-être l’orgueil dont tu parles, mais il me semble qu’on a battu pas mal de records aujourd’hui.
S : Fier?
L : Bruit de yeux
S : Tu devrais l’être. T’as vu ces cheveux que tu me laisses, ces joues que tu me colores? T’as vu comme on s’aime et pas que le soir, toujours matins, midis, mille fois la semaine. Au travail, l’idée d’avoir ton corps loin de moi m’épuise. Je te souris devant le clavier, te chante toute la journée. Je te sens sous mes cheveux jusque sous mes ongles et je ne sais comment tu fais pour te ramasser là. Je me désire, me sens femme. Je me veux sur toi, sens dessus-dessous. Vraiment, fier, tu pourrais l’être.
Une nuit de janvier, toute en fierté et en ivresse, tu as mis des mots sur ce que l’on vivait, bordé dans mon lit ce que je ressentais et cette nuit-là j’ai pris froid.
Au matin, j’étais partie.
***
Je n’ai cessé de te regretter depuis.
Touché – sauf la fin triste – comme si tu écrivais ma vie – mais de la main d’une fille.