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POSTS IN CATEGORY: Jelefaispourmoi

sur des airs de mélancolie.

Il pleut et je suis dans ces états que je connais bien et que je ne maîtrise pas, dont il arrive qu’on en dise qu’ils forment un tout. « Je suis dans tous mes états. » Un tout imprévisible puisque si l’on savait dire quelque chose de ces états dont on parle il faudrait d’abord dire qu’on n’en sait rien. Je fais jouer des mélodies de piano dans l’appartement pour enterrer l’eau qui s’enterre déjà et ma mélancolie lèche le plancher. Te lècherait aussi, si seulement tu avais accepté de venir jusqu’à moi. J’ai envie de dépenser une fortune en […]

separate existence.

« Life changes fast. Life changes in the instant. You sit down to dinner and life as you know it ends. » Joan Didion Faudrait-il plus d’ordre dans ce cahier ? Faudrait-il, avant de prendre le crayon, tout rassembler ? Faire le lit, la lessive, empiler la vaisselle sale, ranger les ustensiles, faire de l’espace, faire le vide ? Est-ce que je ne mène pas ma vie à l’image de ce qui se trouve ici ? Puisqu’enfin on ne s’y retrouve pas ; les dates, les heures, le cours des jours qui se fout bien de savoir quel jour on est, le temps qui fait à l’extérieur […]

Matin froid.

On avait peu à se dire alors on buvait. On buvait beaucoup. De la bière, du vin, essentiellement du vin blanc puisque c’était l’été et que le vin rouge l’assommait. On buvait pour que la nuit ne s’arrête pas, pour que le courant passe, pour s’aimer. Certains soirs, on y est arrivés. Ces soirs-là, je l’aimais. Une fois, on a fait une cuite à la Téquila et une autre au Whisky-Coca. Avec celle-là, ça a été le début de la fin. On s’est dits que ce n’était plus possible. De se voir, de se mettre dans des états pareils, de tricher […]

Idée perdue entre les draps.

Mon lit est défait. Il est resté comme ça toute la journée. Ses draps s’étendent jusque dans la nuit, mais ils ne cherchent plus à se refermer sur toi. Ils ne t’attendent plus. Ma chatte n’est plus agressive. Elle aussi a cessé de t’attendre.   Rien ne se fait violence autour de moi. Le vacarme et l’agitation se sont dissipés. Il fait parfois silence comme certains matins sont froids. Je crois encore aux caresses puisqu’elles seules ne savent pas mourir. Elles, n’abdiquent pas. J’observe. Je respire. Je prends mon pouls.   Ne plus attendre de la passion amoureuse qu’elle vous sauve […]

Paris-Pluie

Ça prend du doute. Ça prend du culot. Il faut être gonflé, gonflé à bloc, puisque le doute essouffle et que le sentiment d’imposteur, s’il se pose en marge, n’est jamais bien loin. Il faut faire de la place à l’écriture et au romantisme. Il faut, si on ne sait pas aimer, tenter. Toute prise d’écriture doit être une tentative. À l’Amour. Ou à l’aveu. L’aveu d’un non-amour, d’une désolation. Ce matin, il faisait gris. Il pleuvait à Paris. Ce doit être l’une de ces rares fois où l’on n’aurait pas tort de dire sur. Il pleut sur. Sur Paris. […]

L’écriture sans cohésion.

Ces jours-ci, je rédige trois scénarios en même temps. J’ouvre un document, j’écris quelques lignes, puis je plonge dans un autre univers et je me laisse emporter, donnant aux personnages des particularités qui ne leur conviennent pas, des réactions attribuables à d’autres, des commentaires qu’auraient mieux fait de dire les voisins, les soeurs, des enfants, pour plus de vraisemblance, plus de cohésion. Mais la cohésion ne m’intéresse pas ! Dans le récit, elle ne me convient pas et je n’en ai rien à foutre ! Ce n’est pas ce que je recherche ni ce pourquoi j’écris. Je préfère les saccades, […]

RADICALE

Je suis féministe et j’ai déjà :  répondu à mon père ; sorti de mon lit pour aller aider une fille qui se faisait tabasser par son chum dans la rue ; suivi des cours de Gender Matters dans une des universités où elles sont réputées pour être les plus «avancées» en la «matière» (je pourrais m’entretenir sur ces guillemets une autre fois, mais je préciserai seulement que je féminise puisque ce sont plus souvent les femmes qui sont à la tête des Women’s Studies – heureusement) ; reviré un client sexiste à l’endroit où je travaille (plus d’un) ; […]

30 jours sans trich

J’ai débuté l’année ainsi : les membres fatigués, des ecchymoses aux genoux et sans énergie très vive. La veille j’avais beaucoup bu, j’avais craint qu’on ne m’ait intoxiqué en me refilant un verre non-désiré et je m’étais alors élancée hors du bar sur des jambes molles qui avaient du mal à me tenir à la recherche d’un taxi que mon élocution et l’absence de verbe rendaient difficile parmi tous ces gens que le mélange de froid et d’alcool faisait tanguer. Je suis rentrée chez moi dans un flou trop opaque pour la lucidité et j’ai passé les deux jours qui ont […]

La vie plate

Pis, qu’est-ce qui se passe de bon ? Pas grand-chose. J’ai la vie plate, mais le moral tient bon. Toi, la vie plate ? Je ne sais pas quoi te dire. Ça va, mais il ne se passe rien. *** Rétrospective Janvier : Déménagement en Scandinavie, cours de danois intensifs cinq jours par semaine, colocation difficile avec un musicien insupportable dans un AirBnb insalubre pour 1 300$ par mois. Cambriolage de mon appartement à Montréal, perte de biens précieux. Visite de mon meilleur ami à Tours, un baume sur lèvres gercées. Week-end à Stockholm avec une copine, bourrasques violentes sur un navire […]

Darker

T’écrire. Mais pour te dire quoi ? Que comme tout le monde je souffre de la mort de Leonard Cohen ? Que pour moi aussi c’est une mort plus personnelle que celles d’autres artistes en lesquels je ne me reconnais pas ? Pour te dire que les élections présidentielles américaines me touchent plus que le Brexit ? Pour te dire que j’aimerais bien m’en foutre de la politique, que je préférerais croire aux systèmes qui nous surplombent et aux fils desquels tombent des marionnettes ? Je ne sais pas quoi te dire alors j’imagine qu’en ces temps-là, les gens forts […]