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		<title>Lire Jonathan Safran Foer</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 15:23:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetJe ne parle pas souvent de ce que je lis. Genre, jardin secret. Je peux vous balancer sans pudeur les hommes embrassés avec tant de détails, c’est comme si vous y goûtiez. J’arrive à vous raconter mes nuits-whisky pour que vous vous en rappeliez alors que moi-même je les ai oubliées. Je peux vous parler [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fjonathan-safran-foer%2F&amp;count=vertical&amp;text=Lire Jonathan Safran Foer - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Je ne parle pas souvent de ce que je lis. Genre, jardin secret. Je peux vous balancer sans pudeur les hommes embrassés avec tant de détails, c’est comme si vous y goûtiez. J’arrive à vous raconter mes nuits-whisky pour que vous vous en rappeliez alors que moi-même je les ai oubliées. Je peux vous parler de la famille et de ces mondes qu’on dresse contre elle, je peux m’étirer sur le vent qui, pourtant, ne fait que passer, je peux écrire pas mal n’importe quoi, pourvu que l’envie y est. Pour parler de mes lectures, c’est différent. Souvent parce que je ne comprends pas ce que je lis, parfois parce que je ne comprends pas ce que je ressens, mais la plupart du temps c’est juste parce que je ne ressens rien. Cette fois, je sais, je ressens et j’ai envie de pleurer. Je le fais un peu, me disant que c’est le vin, mais non, c’est bien lui; Jonathan Safran Foer. Il faut l’écrire vite parce que je n’arrive pas à retenir le nom des auteurs que j’aime ou que j’ai aimés. Ce qui me fait penser; si je savais oublier ton nom </p>
<p>On cogne à ma table. </p>
<p><em>Where are you from? Are you traveling alone? Is the friend you are meeting tomorrow from your country? Where have you been in Laos? Where are you going next? Did you go to university? How old are you? <strong>How old are you? Where are you from? Are you studying? How is it for you to manage studies and work? Are your classes in English or Lao? What is your name? Winterpouit? Winterpoooouiit, really? </strong>My name means important people, yours? <strong>Nothing or no one</strong>.</em></p>
<p>Son supérieur lui fait signe. </p>
<p>Il doit me quitter, navré. Ça va, ce n’est pas comme si je l’avais invité à entrer. C’est comme ça depuis la première page. Quand ce n’est pas le serveur, c’est le voisin de table. Avant le voisin de table, c’était quelqu’un d’autre, la pluie, la fatigue, mes crampes et là c’est au tour de l’écriture et j’ai appris que, lorsque c’est d’elle dont il s’agit, je ne réponds plus de rien. Je vais écrire et je vais écrire ce que je ressens en-dehors de ces pages que je crève d’achever parce qu’on ne cesse de me prendre au milieu et que c’est peut-être là où je me trouve. Je rêve en gribouillant dans le roman et je suis heureuse et je crois avoir trouvé; je me dis que c’est le bonheur qui attire les hommes comme des guêpes. </p>
<p>Sur cette grande découverte, je vais écrire pour vrai, mais avant je dois dire que je plaisante lorsque je dis que je me rappelle pas le nom de l&rsquo;auteur. Son nom c’est Jonathan Safran Foer et un nom pareil ça ne s’oublie pas. D’autant plus que c’est grâce à lui si j’ai mobilisé mon végétarisme. (Eating Animals) Il est brillant et il écrit si bien qu’il me fait presque aimer l’anglais. </p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/05/IMG_06742.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/05/IMG_06742-300x199.jpg" alt="IMG_0674" width="300" height="199" class="aligncenter size-medium wp-image-2091" /></a></p>
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		<title>La fin sera.</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 07:02:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetÇa commence à sentir la fin. Elle pue un peu, mais se respire assez pour qu’on n’ait pas besoin de se fermer les narines avec le revers du pouce et le côté de l’index. J’avais vraiment très hâte, j’étais vraiment très confiante, je la jouais vraiment très cool sans même me la jouer; j’étais vraiment [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fla-fin-sera%2F&amp;count=vertical&amp;text=La fin sera. - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Ça commence à sentir la fin. Elle pue un peu, mais se respire assez pour qu’on n’ait pas besoin de se fermer les narines avec le revers du pouce et le côté de l’index. J’avais vraiment très hâte, j’étais vraiment très confiante, je la jouais vraiment très <em>cool</em> sans même me la jouer; j’étais vraiment très prête à rentrer. Il y a des jours où c’est moins drôle. Il y a des jours, sans m’expliquer pourquoi, j’ai un peu peur. Ce n’est pas que je n’aie pas envie de vous revoir, mais c’est peut-être un peu ça. On ne dit pas ces choses-là, mais puisque j’ai l’impression d’avoir tout dit, il ne reste qu’à dire ce qui reste et si c’est cette peur ridicule qui me fait pleurer pour rien, à savoir si vous m’aimerez toujours, il me faut la dire quand même.</p>
<p>J’ai changé. Physiquement, ça va. Bien que j’aie mangé de tout et n’importe quoi, j’ai à peine grossi. J’ai les cheveux courts, mais je les attache presque toujours et comme ça c’est presque pareil qu’avant. C&rsquo;est qui je suis dans ce que je dis qui a changé. Je ne me trouve pas plus belle ni plus brillante, mais je me sens mieux au-delà de la manière dont je me perçois. Tout est au-delà de tout, de toute façon.</p>
<p>Je suis dans un hamac et je regarde le ciel vide. Il y a des nuages, dépendamment du côté où je regarde, mais ils sont vides aussi. J’écoute des chansons tristes. J’aimerais qu’on me balance très fort à coups de bras encore plus forts pour que le hamac et moi on ne fasse qu’un et qu’on virevolte à se donner le tournis pour une raison extérieure à ce qu’on a en-dedans. J’ai envie qu’on remplisse ce vide dans les nuages et je sais que tout le monde sait de quoi je parle.</p>
<p>J’ai envie d’aimer. Je suis prête pour ça. Ce n’est pas facile à admettre. Allez dans le monde et écriez-vous : J’AI ENVIE D’AIMER. JE SUIS PRÊTE POUR ÇA. Faites-le juste une fois et voyez autour de vous si on ne vous regarde pas bizarre. Moi, je n’ose pas le dire, mais pour l’écrire ça va, mais c’est difficile quand même alors je n’imagine pas ceux qui osent. On vous dira : Eh bien, vas-y! Va te trouver quelqu’un!, alors que ce n’est pas ce que vous vouliez dire.</p>
<p>Il ne faut pas chercher des gens qu&rsquo;ils nous comprennent pourtant on passe notre vie à chercher celui ou celle qui comprendra. Je crois que c’est là, là où on se trompe. <em>By tomorrow we&rsquo;ll be lost amongst the leaves, in a wind that chills the skeletons of trees, and when the moon&#8230; Don&rsquo;t bring tomorrow. </em> C’est la chanson que j’écoute. Je l’écoute fort parce que c’est mon adjectif préféré. C’est un mot simple, fort. Quatre lettres, toutes différentes. C’est mon préféré, c’est tout. Tout, c’est pas mal non plus.</p>
<p>Enfin, hier soir, j’y suis arrivée au Laos. J’étais claquée après 11 heures d’autobus qui se sont étirées en 13. Je n’ai pas même négocié le prix de ma chambre, j’ai pris une douche froide, je suis sortie manger une soupe aux carottes sans goût de carottes et boire une bière au goût de bière avec deux psychanalystes pour qui j’avais mille questions et après je n’en pouvais plus et j’ai dormi huit heures que je n’ai pas vu passer, je me suis réveillée en sueur avec encore plus de morsures de puces que la veille, j’ai pris une douche froide, je suis sortie déjeuner, les trois Hollandais de la chambre d’à côté m’ont bombardé de questions avant mon premier café, j’étais timide, j’ai perdu mon anglais et j’ai répondu <em>I’m from french Canada</em> alors que ce n’est pas ce que je voulais dire, j’ai pris quatre secondes pour me rappeler mon prénom et j’ai dû paraître antisociable parce que je ne leur ai pas demandé <em>And you are? </em></p>
<p>Je suis sur une île qui fait partie de ce qu’on appelle les 4 000 îles. C’est tranquille. J’ai besoin de bouger. Demain, je vais visiter un temple dans la jungle même si j’en ai marre des temples et de la jungle. L’envie m’est revenue de parcourir des kilomètres, de me perdre dans les villes, de m’oublier dans les nuages. La fin pourrait être un début, mais la fin sera. Et je rentrerai et j&rsquo;aurai hâte de vous revoir, que vous m&rsquo;aimiez ou non.</p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/05/dondet.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/05/dondet-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" class="aligncenter size-medium wp-image-2069" /></a></p>
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		<title>Raconte-toi.</title>
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		<pubDate>Sun, 12 May 2013 11:42:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetUn jour, il faudra parler de la pluie. Je veux dire en parler tellement qu’il se mettra à pleuvoir et les gens seront d’eau et les égouts ne serviront plus à rien et la mer se chargera des villes et on pleurera en se les racontant. Si c’était la pluie, si c’était dimanche, je fumerais [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fraconte-toi%2F&amp;count=vertical&amp;text=Raconte-toi. - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Un jour, il faudra parler de la pluie. Je veux dire en parler tellement qu’il se mettra à pleuvoir et les gens seront d’eau et les égouts ne serviront plus à rien et la mer se chargera des villes et on pleurera en se les racontant.  </p>
<p>Si c’était la pluie, si c’était dimanche, je fumerais des cigarettes, je nous gribouillerais un monde sur des pages blanches et, dessous, on ferait des trucs amoureux et, avec l’écriture, les pages deviendraient grises, mais c’est bien puisque j’aime le gris. C’est une belle couleur, je trouve. </p>
<p>Tu la vois notre page? Moi j’écris et toi tu parles. Je ne parle pas trop parce que lorsque je parle, je mélange les mots et ça fait rire même lorsque j’essaie d’être sérieuse et on n’a peu de temps alors je préférerais que ce soit toi qui parle et moi j’écouterais pour ensuite écrire ou chanter ou tout simplement pour garder tes paroles quelque part dans une boîte dont je me servirais peut-être, mais je trouve que les gens parlent trop pour s’écouter et pour se servir de ce qui a été dit comme dans l’histoire lorsque les gens importants disent des choses importantes pour ensuite se dire qu’ils ont changé le monde avec leurs mots importants. Genre, la politique pis les grands soirs où les gens portent des robes noires et on dirait un enterrement, mais non, c’est mondain. </p>
<p>En parlant d’enterrement, hier soir, je suis allée dans une fête locale où l’on célébrait les morts un peu comme au Mexique, mais rien à voir avec le Mexique. Ça sentait le whisky après la cérémonie religieuse et je n’ai pas bu parce que je préférais rester à jeun parce que le whisky ça me fait oublier. Je sais, tu sais. J’ai oublié le nom de la fête, mais c’est à cause de ma mémoire, ça ne compte pas. On dansait la mort. Que c&rsquo;était vivant! Il s’est mis à pleuvoir et on était en sueur et en boue et j’avais les mains dans les airs et les pieds aussi tant j’étais <em>high</em>. Les Cambodgiens savent danser. J’aurais aimé que tu voies ça. J’espère qu’au ciel aussi on saura danser, autrement, la vie va me manquer. En fait, j’allais dormir et une femme m’a agrippé par le bras et je l’ai suivi dans le noir et on s’est ramassés à danser dans la boue. Mon voyage, c’est de la folie, mais comme la nuit fut grande! J’étais la seule étrangère et je m’en fichais. Je voulais aussi te dire que ce n’est pas bien grave si tu ne parles pas ma langue. Elle est plus belle que la tienne donc c’est dommage, mais je crois que les gens naissent avec une pulsion de communication ce qui fait que les locaux et moi, hier, par nos mouvements et dans nos rictus, on se comprenait. </p>
<p>Je sais, je le dis souvent, mais le monde est beau. </p>
<p>Demain, je visite mon dernier nouveau pays, c’est-à-dire qu’après je repasserai par des pays visités et ça va me faire drôle de voir un pays que je ne connais pas trop avec toi que je ne connais pas du tout, mais peut-être que je n’y verrai rien de ce que j’y ai vu autrefois parce que tu seras près de moi et qu’avec toi le monde sera nouveau et que la vie attendra. </p>
<p>En attendant,  je t’en prie, raconte-toi. </p>
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		<title>Le trajet.</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 04:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetIl y a tant de faux dans le vrai. Ce qui suivra sera l’honnête illusion que je me suis faite de l’amour, de celui qui en fut l’objet, du voyage, de la vie, en général, parce qu’étonnamment on peut généraliser, banaliser, cette grande et courte aventure qu’est la vie. Ce qui suivra comme ce qui [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fle-trajet%2F&amp;count=vertical&amp;text=Le trajet. - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Il y a tant de faux dans le vrai. Ce qui suivra sera l’honnête illusion que je me suis faite de l’amour, de celui qui en fut l’objet, du voyage, de la vie, en général, parce qu’étonnamment on peut généraliser, banaliser, cette grande et courte aventure qu’est la vie. Ce qui suivra comme ce qui a précédé; un trajet. <em>Small World </em>avec un grand W. <em>Just ‘cauz you feel it doesn’t mean it’s there. Just ‘cauz you feel it doesn’t mean it’s there. Just ‘cauz you feel it doesn’t mean it’s there.</em> Peu importe si c’est la vérité, la beauté, l’amour, le cul ou l’image un peu floue et farfelue, mais belle quand même que vous vous faites de la liberté qui vous fait courir puisque tout est en un seul endroit.</p>
<p>Fermez les yeux, entrez là où c’est fermé, fermé solide. Entrez là où c’est verrouillé, où c’est à peu près sombre, là où l’on n’y voit rien, où ça fait peur, où c’est tordu, où c’est croche. C’est ça. Là où ça pue, là où vous risquez de vous égratigner, de vous renverser la cheville, de vous fouler le cerveau. Autrement dit, soyez prêts à y laisser votre peau, vos os, vos cheveux, si vous ne les avez pas déjà tous arrachés. Il y a de quoi se faire mal, à moi aussi c’est arrivé. Pour moi aussi ça s’est passé comme ça et je ne suis pas une femme bien spéciale vous savez.</p>
<p>J’aime écrire en Century, on pourrait même dire que c’est ma police d’écriture préférée. Je préfère le noir au <em>navy blue </em>que je préfère écrire en anglais. Je me sens plus Française que Canadienne. Je suis plus végétarienne que flexitarienne. Je suis amoureuse célibataire, la plupart du temps. J’aime baiser, mais ne m’y adonne pas souvent. Je suis difficile en matière d’homme. Ça n’a plus trop à voir avec la couleur des cheveux puisque je suis tombée pour un blond récemment, mais je les aime en fonction de leur voix, de leur odeur et de leur dentition. Pas dans l’ordre, rien de bien compliqué. Je n’aime pas les gens très <em>cool</em>. Je me fais plus facilement des amis garçons parce que je suis <em>flirty</em>. La voix de Tom Waits m’ennuie. Plusieurs fois, j’ai essayé. Il y a des choses comme la voix de Tom Waits, les films de Stanley Kubrick, le goût de la papaye ou des gros cornichons, les tentes, la plongée ou le Canada que j’ai essayé d’aimer plus d’une fois parce que ça faisait <em>fancy</em>. Rien à faire. Là où je m’invente, j’échoue. Il n’y a que dans les mots où ça marche. Avec eux, je deviens facile, je m’ouvre, je m’abandonne. Je les laisse me prendre, m’aimer et, contrairement à tout le reste, ils m’empêchent de me détester tout à fait. Je vibre et ce que j’écris est à peine lisible et il serait bien plus simple et bien plus rapide d’écrire à l’ordinateur. Il est ouvert près de moi, mais ma main en a décidé autrement. Par elle, je me libère de qui je suis. Ma main droite. Il m’arrive de penser à ce qu’il adviendrait si elle venait à manquer, mais bien sûr qu’on trouverait quelque chose, mais puisque dans ce <em>on</em> je ne suis pas, elle décide et je la laisse faire et il ne faut pas prétendre me connaître parce qu’on me lit parce qu’<em>on</em> change et que je pourrais m’écrire en <em>on</em>, de par la gauche, et je serais ainsi moi ou son contraire. Heureusement, c’est à la gauche qu’on enfile la bague et c’est à elle que j’ai appris à me toucher pour ne pas salir de moi cette droite qui se répand en toute autre chose, au-delà de l’amour, du sexe et de toutes ces belles affaires. </p>
<p>Écrire chaque jour, faire l’amour mieux et plus souvent, se construire sur des banalités, donner à son<em> self</em> la nourriture qu’on trouvera partout et nulle part si c’est nulle part là où on se trouve. Tout est en un seul endroit. Gardez les yeux fermés. Certains appellent ça la méditation. D’autres, la lessive. L’équitation ou le violon pour les riches, mais les pauvres aussi savent pleurer et je crois que c’est même pour eux plus facile, de plonger je veux dire, pas qu’ils aient moins peur, mais ils ont moins à perdre. En surface, mais bien sûr. </p>
<p>En surface, mais puisque c’est là que le monde se trouve. </p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/05/cambodge-619.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/05/cambodge-619-300x199.jpg" alt="cambodge 619" width="300" height="199" class="aligncenter size-medium wp-image-2043" /></a></p>
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		<title>Bien sous 40 degrés.</title>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 14:16:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetLa liquéfaction du soi, ça marche presque aussi bien que la dissolution du moi. Il fait 40 degrés. On rigole. On sue. La journée passe. On survit. On sue. Il fait toujours 40 degrés. Je sors de la douche, j&#8217;ai chaud, mes cheveux dégoulinent, mon front ruisselle et, c&#8217;est parti, la sueur recommence son cycle [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fbien-sous-40-degres%2F&amp;count=vertical&amp;text=Bien sous 40 degrés.  - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>La liquéfaction du soi, ça marche presque aussi bien que la dissolution du moi. Il fait 40 degrés. On rigole. On sue. La journée passe. On survit. On sue. Il fait toujours 40 degrés. Je sors de la douche, j&rsquo;ai chaud, mes cheveux dégoulinent, mon front ruisselle et, c&rsquo;est parti, la sueur recommence son cycle sur mon corps et je comprends les femmes en ménopause et je me sens soudain proche de ma mère à qui c&rsquo;est arrivé.</p>
<p>Sabrina, je n&rsquo;ai pas eu de tes nouvelles depuis quatre jours et j&rsquo;ai vu que tu n&rsquo;avais pas publié de nouvelle photo sur Facebook, es-tu certaine que ça va? T&rsquo;inquiète pas maman, il n&rsquo;y a vraiment pas de quoi t&rsquo;inquiéter, j&rsquo;fous rien. Je navigue de ma chambre à la plage et le sable me suit jusque dans mes draps, mais je ne sais vraiment pas à quoi peuvent servir les draps avec un temps pareil. Il fait 40 degrés dehors et, je sais, tu vas dire que j&rsquo;exagère, d&rsquo;habitude oui c&rsquo;est vrai, mais là, c&rsquo;est un vrai 40 degrés. Je n&rsquo;ai pas mis de crème solaire sur la cicatrice que j&rsquo;ai sous l&rsquo;œil, tu sais celle qu&rsquo;on m&rsquo;a fait, enfin, je ne veux pas tomber dans le <em>drama</em>, mais ça a boursoufflé un peu. T&rsquo;inquiète pas, c&rsquo;est juste pour trouver quelque chose à dire. </p>
<p>Je n&rsquo;ai rien à dire. Je suis simplement bien. </p>
<p>Je pense à écrire, mais j&rsquo;ai besoin de dictionnaires, de <em>Bescherelle</em>, d&rsquo;espace, d&rsquo;impressions, d&rsquo;un autre programme de rédaction et tout le tralala et, comme sur la plage je n&rsquo;ai rien de tout ça, je ne fais qu&rsquo;y penser et c&rsquo;est pas mal non plus d&rsquo;avoir du temps pour penser. J&rsquo;écris un peu, mais rien pour faire un roman, juste pour le fun parce que ça m&rsquo;amuse et que j&rsquo;ai la tête à OFF. C&rsquo;est peut-être même dans ces moments-là où c&rsquo;est le meilleur, je sais pas. </p>
<p>Est-ce que tu bois beaucoup? Quoi? Est-ce que tu bois suffisamment d&rsquo;eau? Sinon, tu vas te déshydrater et tu te souviens de tante&#8230; Oui maman, deux litres pour chaque litre sué. </p>
<p>On a raccroché, je n&rsquo;avais rien à dire. </p>
<p>Je pense toute la journée depuis plusieurs jours et, les pensées, même lorsque belles, sont difficilement communicables. Je pense à comme j&rsquo;ai vécu cette année. J&rsquo;essaie de me rappeler tous les livres dévorés, parfois mal digérés, sur la route et il y en a plus de 70 et il m&rsquo;en manque encore alors je fais des listes pour travailler ma mémoire. Après, je regarde les nuages qui couvrent le ciel sans le rafraîchir et j&rsquo;essaie de voir le monde dans les gros cotons blancs et d&rsquo;y faire une carte avec, dessus, les endroits où j&rsquo;étais. Le nom des villes s&rsquo;effacent, mais je joue chaque jour et certaines façades réaparaissent et leurs couleurs, de temps en temps. Je joue, je pense et puis ne pense plus. Je suis bien, simplement. </p>
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		<title>bittersweet sans chocolat.</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 11:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
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		<description><![CDATA[TweetJe n&#8217;avais plus la force d&#8217;être en Inde, je l&#8217;ai quitté. S&#8217;il pouvait en être des hommes comme des pays, je saurais partir à temps. Enfin, il y a des lieux qui donnent envie de rester, d&#8217;autres de partir et, parfois, bien qu&#8217;on se ferme les yeux, on ne sait plus. Se cogner les dents [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fbittersweet-sans-chocolat%2F&amp;count=vertical&amp;text=bittersweet sans chocolat. - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Je n&rsquo;avais plus la force d&rsquo;être en Inde, je l&rsquo;ai quitté. S&rsquo;il pouvait en être des hommes comme des pays, je saurais partir à temps. Enfin, il y a des lieux qui donnent envie de rester, d&rsquo;autres de partir et, parfois, bien qu&rsquo;on se ferme les yeux, on ne sait plus. </p>
<p>Se cogner les dents lors d&rsquo;un premier baiser, se casser la jambe lors d&rsquo;un entraînement, marcher dans une gomme à mâcher avec ses nouvelles chaussures, se faire chier dessus par un pigeon et ne pas savoir si c&rsquo;est la chance ou si c&rsquo;est vraiment la merde, ne pas savoir rire ou pleurer, ne pas entendre quand la musique s&rsquo;arrête, mais danser tout de même, relire le même passage dix fois et toujours ne rien comprendre, écouter la même chanson vingt fois juste parce que c&rsquo;est rassurant de savoir ce qui viendra après, regarder sa crème en glace s&rsquo;écraser sur le sol et se demander pourquoi, des trois, ce devait être celle au chocolat. </p>
<p>Le goût du Cambodge, c&rsquo;est <em>bittersweet </em>sans chocolat. </p>
<p>Je me suis faite une amie dès le premier jour. On se faisait masser les pieds, hier soir, et c&rsquo;était fort agréable. Pour un dollar, on en avait pour dix minutes. La jeune femme qui travaillait à mes pieds avait mon âge, mais faisait beaucoup plus jeune. Elle n&rsquo;avait pas de père, n&rsquo;allait pas à l&rsquo;école et ne faisait pas un sou si les clients ne se faisaient pas masser plus de dix minutes. On s&rsquo;est faites masser dix minutes. Après, on a mangé un excellent sauté au beurre de coconut à la menthe, à la mangue, à la citronelle sur lequel on avait mis des arachides et du tofu croustillants. La serveuse gagnait moins de 70 dollars par mois. Le service était excellent. Les reines, contentes, avaient un ballon à la place du ventre en quittant le restaurant. Mon jus de mangue coûte un dollar. J&rsquo;en bois un tous les jours. Je me ferme les yeux et, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il reste une gorgée, je crois avoir trouvé le bonheur dans un <em>buck</em> gelé. Celui que je buvais tout à l&rsquo;heure était particulièrement onctueux. Un homme est venu mendier près de moi, un amputé de guerre auquel il manquait plusieurs membres. Il y en a plusieurs comme lui ici, on se l&rsquo;imagine bien. Après s&rsquo;être fait rejeter par moi, il est allé se poser sur le banc en face de ma table et il m&rsquo;a regardé déguster mon jus de mangue. Je m&rsquo;accorde tant d&rsquo;importance, j&rsquo;ai cru qu&rsquo;il s&rsquo;était posé là pour que je culpabilise. Il faisait 40 degrés. L&rsquo;idée qu&rsquo;il n&rsquo;eût peut-être besoin que d&rsquo;un coin ombragé m&rsquo;est venue à l&rsquo;esprit trop tard. J&rsquo;ai commandé un deuxième jus de mangue, mais l&rsquo;homme a quitté son banc avant que je puisse lui offrir. Je ne l&rsquo;ai pas bu. J&rsquo;avais toujours soif, mais il y a des saveurs qui s&rsquo;évaporent et il y a même des goûts qui ne goûtent plus lorsque la sensibilité s&rsquo;empare de moi. </p>
<p>C&rsquo;est une journée comme ça. Hier, il y avait les temples et cet homme qui m&rsquo;a souri sous l&rsquo;inondation. Il y aura une photo de lui sous l&rsquo;article puisque, dans son sourire, vous comprendrez pourquoi, malgré ma sensibilité, mes souffrances et ma sincère inutilité, je puisse vouloir rester dans ce pays encore un peu. </p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/cambodge-8361.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/cambodge-8361-300x199.jpg" alt="cambodge 836" width="300" height="199" class="aligncenter size-medium wp-image-2027" /></a></p>
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		<title>J&#8217;ai fait de toi un film au plafond.</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 08:36:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetJe suis rentrée pleine d&#8217;histoires, de temples et d&#8217;un nouveau pays que je ne connais pas encore. Épuisée, je me suis laissée tomber sur le grand lit d&#8217;une petite chambre que je loue pour la semaine. La température s&#8217;éclatait. Je suais. Le ventilateur n&#8217;y était pour rien. J&#8217;étais trop fatiguée pour faire des projets, réinventer [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Ffilm-au-plafond%2F&amp;count=vertical&amp;text=J'ai fait de toi un film au plafond. - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Je suis rentrée pleine d&rsquo;histoires, de temples et d&rsquo;un nouveau pays que je ne connais pas encore. Épuisée, je me suis laissée tomber sur le grand lit d&rsquo;une petite chambre que je loue pour la semaine. La température s&rsquo;éclatait. Je suais. Le ventilateur n&rsquo;y était pour rien. J&rsquo;étais trop fatiguée pour faire des projets, réinventer le monde ou m&rsquo;endormir, alors je suis restée les yeux ouverts à regarder le plafond et j&rsquo;ai pensé à toi.</p>
<p>Il ne faut pas s&rsquo;en faire. Je ne sais plus ce que toi veut dire. Est-ce un autre? Est-ce moi? Est-ce bien lui? Tu étais beau sur mon plafond. Je t&rsquo;y dessinais sans même me rappeler ta tête. Tu étais sans couleur, n&rsquo;avais le goût de rien, mais avais des airs de quelque chose sur ce mur taché et je te peignais bien. Je chantais des yeux. Il te poussait des ailes. Je dansais sans bouger dans un lit où ma sueur suait dans les draps. Les lumières se sont éteintes. Le jour aussi. J&rsquo;avais envie de poésie.</p>
<p>J&rsquo;ai vu de beaux et grands et historiques et beaux, encore, temples aujourd&rsquo;hui. Des ruines de toi que je dessine sur ce plafond trop haut. Il faut rééquilibrer le monde, donner sa place aux choses et je ne contribue pas à ce genre d&rsquo;équilibre en t&rsquo;imaginant quelque part où je ne peux pas même te toucher. Te toucher. </p>
<p>Je ne suis pas très cinéma. Je suis plus du type littérature, musique, danse, nature, fête, grandes villes et marmelade. La scène finale d&rsquo;un de mes plus grands films a été tournée à Angkor Wat. J&rsquo;y étais ce matin. Ça ne m&rsquo;a rien fait que d&rsquo;être là où tant de beauté fut créée. Sur place, je ne savais pas. Je n&rsquo;ai su qu&rsquo;après et, pour tout dire, ça ne rend pas ma visite plus importante, ce film plus grand ou ce temple plus majestueux. Simplement, le titre du film, et c&rsquo;est peut-être pourquoi je te dessine sur un plafond sous lequel je ne fais que rêver, c&rsquo;est <em>In the mood for love</em>. </p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/In-the-Mood-for-Love-21.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/In-the-Mood-for-Love-21-300x187.jpg" alt="In-the-Mood-for-Love-2[1]" width="300" height="187" class="aligncenter size-medium wp-image-2015" /></a></p>
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		<title>Lamentations amoureuses et vapeurs d&#8217;alcool</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 16:16:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie, en tranches...]]></category>

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		<description><![CDATA[TweetLa nuit n&#8217;en finissait plus de finir. Je suis rentrée à l&#8217;heure où la fête ne faisait que commencer. L&#8217;ivresse, la vulgarité des costumes, les couleurs, la splendeur des corps, les néons, l&#8217;agitation des vagues, la danse, la quête des bouches, la musique, mes rythmes préférés; je dansais sous la lune pleine et j&#8217;en ai [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Flamentations%2F&amp;count=vertical&amp;text=Lamentations amoureuses et vapeurs d'alcool - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>La nuit n&rsquo;en finissait plus de finir. Je suis rentrée à l&rsquo;heure où la fête ne faisait que commencer. L&rsquo;ivresse, la vulgarité des costumes, les couleurs, la splendeur des corps, les néons, l&rsquo;agitation des vagues, la danse, la quête des bouches, la musique, mes rythmes préférés; je dansais sous la lune pleine et j&rsquo;en ai eu assez. </p>
<p><em>Finito, bonbon, merci, bonsoir</em>, je me suis retirée sur la pointe des pieds. J&rsquo;ai couru dans le sable comme on se sauve de la pluie. Sans <em>Aurevoir</em>, mon corps n&rsquo;en pouvait plus. La fatigue avait pris le dessus. Je regardais les ombres emmêlées me saluer et les quittais sans regret. Assommée, pas même saoule, j&rsquo;ai déposé la tête sur la taie dans un soulagement : Demain, je pars d&rsquo;ici. On a cogné à ma porte, ça m&rsquo;a réveillé. J&rsquo;ai cru à une erreur. On a frappé plus fort. On criait mon nom au dehors. Les lumières de ma chambre étaient closes, je me suis dit qu&rsquo;on partirait. Les bruits n&rsquo;ont pas cessé. Le type est resté sous ma fenêtre et a crié toute la nuit. Une déclaration d&rsquo;amour incessante qui ne coulait pas et blessait même, parfois. Baigné dans ses vapeurs d&rsquo;alcool, cet homme me jouait d&rsquo;un violon auquel il manquait des cordes. Les heures ont passé. Il partait, revenait et repartait pour mieux revenir. Je n&rsquo;ai pas su dormir. On peut manquer des bouts de sa propre vie.</p>
<p>Au matin, j&rsquo;ai pris le premier autobus. J&rsquo;en ai marre des fêtes, des jeunes, des moins jeunes, des vieux, des touristes, des <em>short-time travellers</em>, (eux, ce sont vraiment les pires), des plages, des corps, des vacances, de la facilité, des prostituées, de l&rsquo;argent, des restaurants, des <em>resorts</em>, du sud de la Thaïlande. </p>
<p>Je m&rsquo;embarque pour le Cambodge, rangée du fond. Je me croise les doigts pour que l&rsquo;autobus quitte le terminus comme il n&rsquo;y a personne à mes côtés. J&rsquo;ai sommeil. L&rsquo;autobus quitte sa plateforme. Je m&rsquo;endors. J&rsquo;ouvre un œil. On s&rsquo;asseoit à mes côtés. Le verbe pronominal s&rsquo;écrouler serait plus approprié. Un homme s&rsquo;écroule dans un lugubre soupir. Il traîne avec lui une forte odeur de sueur, une sueur acide, je remarque, avant de me rendre compte que cette odeur n&rsquo;est pas que de la sueur, mais un concentré d&rsquo;urine, d&rsquo;haleine et d&rsquo;alcool. Il est complètement souillé, le bonhomme. </p>
<p><em>- I had a beer. Did you see my beer?<br />
- No sir, I did not.</em></p>
<p>J&rsquo;ai le tournis. Il trouve sa bière dans sa veste, la décapsule, en boit quelques gorgées, laisse tomber sa tête sur mon épaule dans un ronflement qui se décuple, se multiplie, s&rsquo;étire. Je lui renvoie sa tête. J&rsquo;ai mal au coeur. Je le balancerais bien par la fenêtre. La femme à son côté gauche me lance un regard de compassion. Il échappe sa bière. Mes trois livres sont imbibés. Idem pour le sac de l&rsquo;autre voisine. Je ramasse la bouteille, essayant de limiter les dégâts. L&rsquo;odeur est partout. Je baigne, tu baignes, nous baignons dans les vapeurs d&rsquo;alcool de ce pauvre homme avec qui l&rsquo;on n&rsquo;aurait pas même envie de faire la fête. </p>
<p>Il est dans son rêve, inconscient. Il bruite bizarre. Il crache ses poumons. Ça ne doit pas être bien net là-dedans. Je cherche des odeurs sur moi jusque dans mes cheveux. Rien à faire, il empeste, imprègne. C&rsquo;est à vomir! Je ferme les yeux. Je pense à cet énergumène cette nuit que je croyais ami. J&rsquo;entends encore sa déclaration minable aux effluves d&rsquo;anis et de rhum blanc. Qu&rsquo;est-il advenu du temps des roses? Je pense à cet alcoolique près de moi et je suis soudainement si triste, dégoutée, inutile, étrangère. Je me sens si sobre.</p>
<p>Il se réveille alors que personne près de lui n&rsquo;arrive à sombrer. Il glisse de son siège dans un mouvement gracieux et s&rsquo;étale de tout son long dans l&rsquo;allée. La femme et moi, on échange un sourire maladroit puis on éclate d&rsquo;un rire triste. Je le regarde par terre. Est-ce que le plancher est toujours là lorsqu&rsquo;on tombe? Et si ça devait arriver à un proche, à un frère? L&rsquo;alcool, je veux dire. J&rsquo;en parle comme d&rsquo;un cancer. C&rsquo;est qu&rsquo;on crève tous de quelque chose. La solitude s&rsquo;abrite, mais n&rsquo;est à l&rsquo;abri de rien. Les désespoirs se cherchent.</p>
<p>Cet homme a trouvé sa bouteille dans le noir, au fond de sa veste, rangée près de son coeur. C&rsquo;est dans ses vapeurs d&rsquo;alcool que je trouve les mots, rangée du fond.  </p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/IMG_0137-800x533.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/IMG_0137-800x533-300x199.jpg" alt="IMG_0137 (800x533)" width="300" height="199" class="aligncenter size-medium wp-image-1985" /></a></p>
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		<title>Rentrer dans ma plume.</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 12:27:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
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		<description><![CDATA[TweetRentrer, prendre un rendez-vous chez le dentiste, le médecin et l&#8217;esthéticienne, attendre l&#8217;amour, chercher des ressources financières, en trouver, partir ou rester, prendre un cours de linguistique, étudier, passer chercher des carottes à l&#8217;épicerie, les manger crues, ouvrir les boîtes envoyées d&#8217;Italie, de la France, de la Corée, du Népal et de l&#8217;Inde, cueillir le [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Frentrer-dans-ma-plume%2F&amp;count=vertical&amp;text=Rentrer dans ma plume.  - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Rentrer, prendre un rendez-vous chez le dentiste, le médecin et l&rsquo;esthéticienne, attendre l&rsquo;amour, chercher des ressources financières, en trouver, partir ou rester, prendre un cours de linguistique, étudier, passer chercher des carottes à l&rsquo;épicerie, les manger crues, ouvrir les boîtes envoyées d&rsquo;Italie, de la France, de la Corée, du Népal et de l&rsquo;Inde, cueillir le jour pendant qu&rsquo;il fait jour, se dire que la nuit passera, ne pas attendre la mort, acheter les titres de romans et d&rsquo;essais notés dans mon deuxième carnet, mettre la main sur mon parfum et m&rsquo;asperger trop tant son odeur, la mienne, me manque, ouvrir les boîtes à la recherche de la robe achetée pour le mariage à mon frère, voir si j&rsquo;ai grossi, laisser mes cheveux pousser, pleurer, rire, vivre, vivre encore et écrire un roman.  </p>
<p>Je suis venue jusqu&rsquo;ici pour me trouver où je ne suis pas. Je ne suis pas plus en Thaïlande aujourd&rsquo;hui que je ne serai au Cambodge demain. Je suis dans ma plume.</p>
<p>Un roman. Je ne sais pas si c&rsquo;est ce que les gens veulent puisque j&rsquo;ai vu comme le monde va vite et je cherche la forme qu&rsquo;embrassera le futur, mais comme je ne sais pas, j&rsquo;ai commencé à écrire ce que j&rsquo;appelle un roman en ne sachant pas ce qu&rsquo;il deviendra au fil des pages. Si je savais faire des films. Si je savais peindre. Si je savais danser, chanter, crier et pleurer comme je sais écrire, je ferais. </p>
<p>Je sais que le temps sera venu de l&rsquo;écrire lorsque je rentrerai et je n&rsquo;ai pas peur de le dire puisque je sens qu&rsquo;il me coulera des doigts. Il coule déjà. Cette certitude douce, mais prenante, est comme celle qui m&rsquo;a dit que je devais partir, comme celle qui m&rsquo;a dit que l&rsquo;on devait se revoir, comme celle qui m&rsquo;a dit que, lui, je ne le reverrais plus. Il y a de ces certitudes qui passent sur ma vie incertaine. C&rsquo;est ce qui permet à l&rsquo;étrangeté du monde de m&rsquo;être supportable. </p>
<p>Il y a ce poète qui a fait écrire sur son épitaphe <em>I had a lover&rsquo;s quarrel with the world</em>. Si je meurs, n&rsquo;écrivez rien ou quelque chose de complètement absurde ou n&rsquo;importe quoi de Moby ou tout simplement l&rsquo;inverse de ce que Robert Frost a écrit. <em>I had a love affair with the world.</em></p>
<p>J&rsquo;aime le monde. Il est beau, il est grand et il m&rsquo;aura sauvé. Il me permet de rentrer maintenant. De rentrer dans ma plume. </p>
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		<title>Mes 16 ans en Thaïlande</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Apr 2013 12:01:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sabrina</dc:creator>
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		<description><![CDATA[TweetCe devait être une soirée mémorable puisque je ne m&#8217;en souviens plus. J&#8217;ai dû me faire de nouveaux amis puisqu&#8217;on m&#8217;a appelé par mon prénom plus d&#8217;une fois sur la plage aujourd&#8217;hui. De beaux oubliés. Je souriais vert. Je leur envoyais la main l&#8217;air de dire Bonjour! pour dire Ciao! Je marchais la tête dans [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fjelefaispourmoi.com%2Fthailande%2F&amp;count=vertical&amp;text=Mes 16 ans en Thaïlande - Jelefaispourmoi" class="twitter-share-button">Tweet</a></p><p>Ce devait être une soirée mémorable puisque je ne m&rsquo;en souviens plus. J&rsquo;ai dû me faire de nouveaux amis puisqu&rsquo;on m&rsquo;a appelé par mon prénom plus d&rsquo;une fois sur la plage aujourd&rsquo;hui. De beaux oubliés. Je souriais vert. Je leur envoyais la main l&rsquo;air de dire <em>Bonjour!</em> pour dire<em> Ciao!</em> Je marchais la tête dans le sable. Je me suis jetée à l&rsquo;eau et suis restée dessous plus longtemps que mon souffle. L&rsquo;ami avec qui j&rsquo;étais a dû bien s&rsquo;amuser lui aussi puisqu&rsquo;il a manqué son bateau. <em>Proust!</em> qu&rsquo;il s&rsquo;écriait aux deux minutes. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fête? je me suis demandée. Mes 16 ans! je me suis répondue. </p>
<p>Lorsqu&rsquo;on s&rsquo;égare en soirée, on a toujours 16 ans. Un t-shirt défraîchi, sans maquillage, la plage dans les cheveux, le monde m&rsquo;appartenait. C&rsquo;est en dansant que je trouve ma plus pleine solitude. Je dansais. J&rsquo;ai dû danser beaucoup parce que j&rsquo;ai le dos rouillé et je devais être pieds nus parce que j&rsquo;ai la pédicure souillée. J&rsquo;exagère. Je me souviens. Je me souviens que les verres étaient des chaudières et qu&rsquo;on en a commandé une de trop. Je me souviens qu&rsquo;on a mangé des sandwichs au dépanneur et que c&rsquo;était de la haute gastronomie. Je me souviens avoir ri dans un ballon. Je me souviens d&rsquo;un bel Allemand qui parlait français  avec un accent bonbon. Je me rappelle le lui avoir dit puis m&rsquo;être enfuie. Je me souviens m&rsquo;être éclatée et m&rsquo;être réveillée dans un mal de tête qui en aura valu le coup. </p>
<p>Il ne faut pas se raconter d&rsquo;histoire, mais puisque c&rsquo;est ce que je raconte, il faut se le dire : c&rsquo;est aussi ça, la Thaïlande. </p>
<p>Samedi, et c&rsquo;est reparti! </p>
<p><a href="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/sand_bucket_cocktail1.jpg"><img src="http://jelefaispourmoi.com/http://jelefaispourmoi.com/wp-content/uploads/2013/04/sand_bucket_cocktail1-300x198.jpg" alt="sand_bucket_cocktail[1]" width="300" height="198" class="aligncenter size-medium wp-image-1969" /></a></p>
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