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Idée perdue entre les draps.

Mon lit est défait. Il est resté comme ça toute la journée. Ses draps s’étendent jusque dans la nuit, mais ils ne cherchent plus à se refermer sur toi. Ils ne t’attendent plus. Ma chatte n’est plus agressive. Elle aussi a cessé de t’attendre.
 
Rien ne se fait violence autour de moi. Le vacarme et l’agitation se sont dissipés. Il fait parfois silence comme certains matins sont froids.
Je crois encore aux caresses puisqu’elles seules ne savent pas mourir. Elles, n’abdiquent pas.
J’observe. Je respire. Je prends mon pouls.
 
Ne plus attendre de la passion amoureuse qu’elle vous sauve alors que si souvent elle vous a pris. Mêler des verbes tout simple. Prendre et recevoir. Alors qu’il ne s’agit enfin que d’une seule et même chose.
 
Mon lit s’ouvre sur ce qu’il reste de nous. Sur ce que la mémoire n’efface pas. Je ne trouve plus aucune trace de toi. Ni dans mes draps, ni dans les objets que tu as laissés traîner ici et là. Au hasard.
Mais puisque le hasard ce n’est rien. Rien que du temps perdu à espérer de ces choses qu’elles ne s’espèrent pas. Espérer d’elles qu’elles existent. Qu’elles s’incarnent. Qu’elles se matérialisent. Qu’elles se mettent à vivre au-delà de l’idée… car l’idée ce n’est que ça.
 
C’était hier. J’ai senti ton odeur sur un autre homme. Un homme d’une cinquantaine d’années. Il ne te ressemblait pas. Il n’avait pas tes cheveux longs, sales. Ton regard naïf, niais. Tes mouvements vifs, brusques. Il se parait d’une élégance que je ne t’ai jamais vu. Il n’était pas toi.
Cette odeur, la tienne, j’ai eu envie de m’y fouler. De m’y flouer. Sans aide. Sans mots. Sans toi. Seule.
Je suis seule avec mes caresses qui ne meurent pas.
Tu n’es pas unique. Je veux dire, mon désir ne porte pas ton nom. Et ce nom, je ne m’efforce pas de l’oublier. Tout comme je ne le récite pas en mes rêves lorsque l’inconscient prend le dessus et me ramène à toi. 
« Pour espérer la douceur, il faut encore en avoir la force. » Anne Dufourmantelle
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