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La vie plate

Pis, qu’est-ce qui se passe de bon ?
Pas grand-chose. J’ai la vie plate, mais le moral tient bon.
Toi, la vie plate ?
Je ne sais pas quoi te dire. Ça va, mais il ne se passe rien.

***
Rétrospective

Janvier : Déménagement en Scandinavie, cours de danois intensifs cinq jours par semaine, colocation difficile avec un musicien insupportable dans un AirBnb insalubre pour 1 300$ par mois. Cambriolage de mon appartement à Montréal, perte de biens précieux. Visite de mon meilleur ami à Tours, un baume sur lèvres gercées. Week-end à Stockholm avec une copine, bourrasques violentes sur un navire entre deux continents et suffocations de plus en plus fréquentes.
Février : Rupture amoureuse. Le bateau coule. Peine grosse comme le monde, vision floue, espoirs déçus, projets qui se pètent la gueule et cœurs fracassés. Déménagement à Frederiksberg. Menaces, stress psychologique et besoins dépassant mes ressources individuelles.
Mars : Remise en forme. Course, course, course, course et accumulation de kilomètres, kilomètres, kilomètres, kilomètres. Séminaires passionnants, challenges intellectuels, débats enrichissants. Phase de démocratisation du beau, de l’esthétisme et de l’architecture. Après trois mois à y vivre, voir Copenhague pour la première fois. Vie mentale sur coeur absent.
Avril : Course. Rebound. Retraite de méditation. Écriture. Exutoire. Un Allemand et sa voix. La Belgique et ses bières. Ouverture du corps, rencontres et créativité.
Mai : Exit du rebound, feu de paille. Célébrer trois mois sans trichotillomanie. Nouvel album de Radiohead, Present tense en boucle. Un Danois, roi-soleil. Tendresse, tremblement de terre, ouverture du cœur et retour d’un sourire sincère.
Juin : Cœur prêt à tout vivre, visualisation d’une maison blanche et d’une famille. Islande en roadtrip  avec une chérie. Derniers jours à CPH. Un autre cœur, le même, qui se casse à l’aube du retour.
Juillet : Retour. Aka rapatriement des organes sur un terrain connu. Appartement où je me retrouve à nouveau seule, mais où je ne me retrouve plus.
Août : Réadaptation du rythme cardiaque avec le train de vie montréalais. Work, work, work, work, work, work, work. Tirer les cheveux, tirer les cheveux, tirer les cheveux.
Septembre : Randonnée en solo.
Octobre : Rien ne se passe. Quelqu’un a éteint les lumières sur Montréal.
Novembre : Rien ne se passe. J’entre en phase d’hibernation. Hiberner : « Passer l’hiver dans un état d’engourdissement, de vie ralentie, de torpeur, d’insensibilité. »
Décembre : Se faire teindre en blonde par erreur, avoir des airs de Shakira moche. Soucis financiers, pression sociale de Noël. Aka pression sociale tout court.

***
Pis, qu’est-ce qui se passe de bon ?
Pas grand-chose. J’ai la vie tranquille.
Toi, tranquille ?
Je t’assure, ça va. J’ai besoin de cette tranquillité pour une fois de plus rentrer, vraiment m’ennuyer et repartir. J’ai besoin de cette vie tranquille pour retrouver un semblant de calme, réapprendre à respirer pour enfin m’ouvrir à nouveau. J’ai besoin de cette trêve pour rédiger, faire place à de nouveaux défis et m’envoler loin de cette vie, de cette ville si faite pour l’hibernation, mais si peu faite pour mes agitations. Et toi, 2017 ?

On dirait que les castors sont passés par ici. ???? #MontRoyal

A photo posted by S D (@sabrinadumais) on

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