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Noël

décembre 25th, 2009 · 1 Comment · Ma vie, en tranches...

Ces moments de gratitude qu’on oublie plus souvent qu’à son tour.

Ces instants qui donnent à la vie sa beauté.

Ce matin endormi. 

Magic Hours de Explosion in the Sky à plein volume dans les écouteurs, je viens tout juste de terminer le dernier roman de Dany Laferrière et je me demande bien comment j’ai pu vivre si longtemps sans. Dire qu’il y a Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer qui traîne depuis plusieurs mois dans ma bibliothèque n’ayant pas eu la chance de se faire surligner de dix couleurs de marqueur différentes et annoter en marge. Cela me fait penser, je devrais arrêter d’acheter tant de livres et prendre le temps de les lire.

Mes parents somnolent à l’étage. Du moins, c’est ce que je crois qu’ils font. Ils ont arrêté de courir et de travailler. Je me dis que je devrais l’inscrire au calendrier, mais il y a déjà quelque chose d’écrit sur ce carreau du 25 décembre : Noël. Voilà qui explique tout !

C’est une journée très spéciale. Il y a même quelques graines sur le comptoir. Je n’ai pas envie de les ramasser. Non pas par paresse, mais bien parce qu’elles ont une valeur significative. Elles sont la preuve qu’on peut s’arrêter et vivre, parfois.

Mon frère est chez sa copine à l’allure d’une princesse, ou d’un ange, je ne me décide pas encore. Il aime d’un amour nouveau. Celui qui vous explose à la figure et qui s’accompagne d’un sentiment d’invincibilité vous capturant le corps.

Je regarde par la fenêtre et j’aime ce que j’y vois ; les arbres immobiles, enneigés, les voisins patinant, sur le lac. Même le chien, que je n’aime pas trop, se roulant dans cette poussière froide, m’attendrit.

Un ami me demandait hier :

- Sab, comment on fait pour être heureux en pensant, en sachant ?

Je lui ai répondu d’une question :

 - Comment fait-on pour vivre dans ce monde de fous ?

La voix déchirée, il dit :

- Ouin, c’est ce que je pensais…

Et puis je répliquai : 

- Tu sais, c’est bien plus compliqué que ça. Du moment où on est conscient des situations dans lesquelles vivent nos voisins, que nous acceptons de le voir ou que nous soyons assez curieux, il est difficile de s’affirmer heureux et encore plus de l’être, profondément, à toute heure du jour. Il y a aussi ces jours, comme aujourd’hui, où on se retrouve en famille, ou entre amis, pour célébrer Noël avec ceux qu’on aime. On peut encore pleurer en se disant que tant d’autres sont seuls… Finalement, c’est comme quoi, après bonheur, on se retrouve toujours à la case départ. Soyons donc heureux, sans trop de naïveté, en pensant au bien d’autrui. Elle est là la différence, il est là le bon sens…

Ma mère vient de descendre. Elle me regarde avec le sourire. J’enlève mes écouteurs pour l’entendre me dire : « Contente que tu sois à la maison Sab ». Je lui souris et remets vite mes écouteurs pour ne pas perdre cet élan d’amour, mais je ne trouve plus les mots. Je crois qu’il est là le bonheur.

JOYEUX NOËL MES SWEETPEAS ! 

SD.

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One Comment so far ↓

  • pirate

    Ton ami est un idiot.

    Le bonheur est partout, dans les mots, la langue, les gens, les meubles, la vie, la mort, la nuit, le jour, l’aurore, la lumière, les paroles, le partage, la solitude…

    Ton ami a du mal à accepter le bonheur dans sa simplicité comme dans sa complexité. Comme on ne doit pas comprendre l’amour, on ne peut pas comprendre le bonheur.

    Certaines choses sont faites pour être ressenties, et non comprises.

    Donne lui un coup de manche de marteau de ma part, en lui demandant de voir le bonheur même là-dedans!

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