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Tempêtes et catastrophes.

Tempête d’eau sur Copenhague. Je suis trempée. Je me suis battue avec la pluie et mon vélo et mes jambes et je n’ai pas les vêtements qu’il faut pour une revanche du ciel contre le soleil. Je me pose à la cantine pour manger une soupe infecte, mais chaude. J’ai annulé le lunch avec les copines pour mon Moleskine et j’écris ce que je crois. *** Je crois que certaines personnes ont le coeur sombre. Je crois que certains individus dotés d’une redoutable intelligence et d’une particulière sensibilité se servent de ces richesses et autres privilèges afin que la terre […]

Soleil sur coeur qui se répare.

I can’t even write about this. It’s like the words won’t come out. I want to write about love and this is the only thing that drives me. I am on earth to love people and to tell them to love themselves better. How can I write about it if I am hurt so badly I can not see love anymore ? Je n’ai pas pleuré hier. Je me suis assise par terre pour méditer et j’ai réalisé que je ne pleurais plus. Je n’avais plus de larmes, peut-être même la tristesse n’était plus si profonde. Je me suis posée […]

Inconsolable

Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je vous aime. Je vous aime. Je vous aime. Je vous aime. J’aime, j’aime, j’t’aime. Je le dis vite sans même y penser. Je le dis à m’en essouffler. Je le dis à en perdre le souffle. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Je l’écris à en pleurer, à m’y méprendre, à en perdre l’usage des mots. Mon besoin de dire varie en fonction du destinataire, alors que je crois […]

Je me suis fait cambrioler.

Je viens de passer chez toi. Je pense que tu t’es fait dévaliser. La porte arrière était déverrouillée et la fenêtre de ta chambre entrouverte. Liée à ce message se trouvait une photo de ma chambre. Du moins, ce qu’elle en était. Des boîtes ouvertes évidées sur le lit, des masses de papier gisant sur le sol, des valises, elles aussi vidées de mes souvenirs, des bijoux de grand-mère, de l’alliance de mes parents, de… Mon amour, dis-moi qu’ils n’ont pas pris mon disque dur ? Tu y es toujours ? Le vois-tu ? VOIS-TU LE DISQUE DUR QUELQUE PART […]

Jeg hedder Sabrina.

Je m’appelle Sabrina. J’ai 27 ans. Je suis née au Canada et j’habite Montréal. Je parle français, je parle aussi anglais, et j’ai un niveau d’espagnol fonctionnel qui me permet de comprendre, d’écrire, de lire et de discuter avec autrui. Je suis étudiante à la maîtrise en sociologie. Je viens d’emménager à Copenhague. Je suis nouvelle dans cette ville. Voilà ce qu’on apprend à dire de soi à la première personne. Ces quelques mots dictés dans une nouvelle langue qui nous permettront de nous présenter aux autres élèves de la classe. Quelques phrases et nous voilà tous pareils. Alle samme sammen. Une […]

Y a-t-il quelqu’un ?

Je fin de sessionne, je déménage, je m’en vais. Je termine un chapitre, j’en débute un autre et c’est toujours la même histoire, page après page, feuillet après feuillet, de nomadisme à sédentarité, de sédentarité à tout envoyer en l’air. Déménagement, départ, déneigement. Mais qu’en sera-t-il de la cage d’escalier ? Y aura-t-il quelqu’un pour la nettoyer, pour balayer tout ça, pour relever la poussière et y ramasser les parapluies suivant les averses ? Y aura-t-il quelqu’un pour s’assurer que le robinet ne coule plus, pour s’assurer qu’on a bien réparé le moustiquaire de devant, pour assurer ? Qui sera […]

J’aime et je pars.

J’ai besoin de diviser mes mondes. J’ai besoin d’Art, d’un vaste univers de possibilités et de créations. Si je crée, si je pars, c’est pour me donner l’illusion d’un large espace entre ce que j’observe et ce qui me domine, entre ce que je suis et ce que je me sais être. J’ai cette envie de me déprendre, de me déprendre de tout : de cette illusion du quotidien pour inventer une illusion qui me siérait davantage, s’il en est une, car rien ici ne me satisfait, ni la hauteur des arbres, ni même leur diamètre, pas plus que ce téléphone […]

Carnage et envolée de papillons.

Quel monde! Il peut être si grand et si petit à la fois. Je ferme les yeux pour me l’imaginer un peu. Ce que j’en ai vu, ce que j’en ai gardé. J’ai vu des sourires dans le regard de Khmers mutilés. J’ai vu la pauvreté aux yeux de l’Occident et la maigreur de milliers d’enfants. Je n’ai pas su voir ce qui leur manquait tant ce que j’y ai vu est autre chose. Des regards et des sourires parfois si profonds, j’y rencontrais ma propre tristesse et je rentrais à l’hôtel, à la hutte, ou en tout autre endroit […]

In case of loss

C’est le début d’un nouveau Moleskine, d’une nouvelle histoire. Si je croyais aux récits dans leur forme linéaire, je dirais : C’est le début d’un nouveau chapitre. Or, je ne crois en rien qui tienne la route, pas plus que je ne crois en l’humanité dans sa longévité. J’angoisse de ne pas savoir à qui il faudra retourner ce calepin en cas de perte, ni en quel lieu. Cette étrange impression que s’il se perd, je suis perdue. In case of loss, please return to… Leave it blank, je respire mieux. En attendant les changements de ce site, une page […]

Des briques et des I LOVE YOU.

Il faut tout de même être courageux pour s’aimer de la sorte. Poser des briques, les unes sur les autres, et les voir s’empiler, s’élever jusqu’à devenir un édifice plus grand qu’un être dressé sur la pointe des pieds avec les mains si hautes qu’on les croirait prêtes à toucher le ciel et à narguer les nuages. À un moment, on lève les yeux et l’on se demande si ça va tenir. On lève les yeux ou l’on y est tentés, ou on baisse la tête et l’on ne regarde rien, rien au-dessus ni devant soi. On ne se retourne pas, […]