CLOSE SEARCH

Jeg hedder Sabrina.

Je m’appelle Sabrina. J’ai 27 ans. Je suis née au Canada et j’habite Montréal. Je parle français, je parle aussi anglais, et j’ai un niveau d’espagnol fonctionnel qui me permet de comprendre, d’écrire, de lire et de discuter avec autrui. Je suis étudiante à la maîtrise en sociologie. Je viens d’emménager à Copenhague. Je suis nouvelle dans cette ville. Voilà ce qu’on apprend à dire de soi à la première personne. Ces quelques mots dictés dans une nouvelle langue qui nous permettront de nous présenter aux autres élèves de la classe. Quelques phrases et nous voilà tous pareils. Alle samme sammen. Une […]

Y a-t-il quelqu’un ?

Je fin de sessionne, je déménage, je m’en vais. Je termine un chapitre, j’en débute un autre et c’est toujours la même histoire, page après page, feuillet après feuillet, de nomadisme à sédentarité, de sédentarité à tout envoyer en l’air. Déménagement, départ, déneigement. Mais qu’en sera-t-il de la cage d’escalier ? Y aura-t-il quelqu’un pour la nettoyer, pour balayer tout ça, pour relever la poussière et y ramasser les parapluies suivant les averses ? Y aura-t-il quelqu’un pour s’assurer que le robinet ne coule plus, pour s’assurer qu’on a bien réparé le moustiquaire de devant, pour assurer ? Qui sera […]

J’aime et je pars.

J’ai besoin de diviser mes mondes. J’ai besoin d’Art, d’un vaste univers de possibilités et de créations. Si je crée, si je pars, c’est pour me donner l’illusion d’un large espace entre ce que j’observe et ce qui me domine, entre ce que je suis et ce que je me sais être. J’ai cette envie de me déprendre, de me déprendre de tout : de cette illusion du quotidien pour inventer une illusion qui me siérait davantage, s’il en est une, car rien ici ne me satisfait, ni la hauteur des arbres, ni même leur diamètre, pas plus que ce téléphone […]

Carnage et envolée de papillons.

Quel monde! Il peut être si grand et si petit à la fois. Je ferme les yeux pour me l’imaginer un peu. Ce que j’en ai vu, ce que j’en ai gardé. J’ai vu des sourires dans le regard de Khmers mutilés. J’ai vu la pauvreté aux yeux de l’Occident et la maigreur de milliers d’enfants. Je n’ai pas su voir ce qui leur manquait tant ce que j’y ai vu est autre chose. Des regards et des sourires parfois si profonds, j’y rencontrais ma propre tristesse et je rentrais à l’hôtel, à la hutte, ou en tout autre endroit […]

In case of loss

C’est le début d’un nouveau Moleskine, d’une nouvelle histoire. Si je croyais aux récits dans leur forme linéaire, je dirais : C’est le début d’un nouveau chapitre. Or, je ne crois en rien qui tienne la route, pas plus que je ne crois en l’humanité dans sa longévité. J’angoisse de ne pas savoir à qui il faudra retourner ce calepin en cas de perte, ni en quel lieu. Cette étrange impression que s’il se perd, je suis perdue. In case of loss, please return to… Leave it blank, je respire mieux. En attendant les changements de ce site, une page […]

Des briques et des I LOVE YOU.

Il faut tout de même être courageux pour s’aimer de la sorte. Poser des briques, les unes sur les autres, et les voir s’empiler, s’élever jusqu’à devenir un édifice plus grand qu’un être dressé sur la pointe des pieds avec les mains si hautes qu’on les croirait prêtes à toucher le ciel et à narguer les nuages. À un moment, on lève les yeux et l’on se demande si ça va tenir. On lève les yeux ou l’on y est tentés, ou on baisse la tête et l’on ne regarde rien, rien au-dessus ni devant soi. On ne se retourne pas, […]

À Jeanne D’Arc.

J’ai le papier hésitant et les lèvres qui brûlent d’un désir dont je ne sais rien. La maîtrise est chez moi un rapport de force que je laisse à d’autres. Il faut savoir laisser à d’autres ces forces d’action qui ne nous conviennent pas. Il faut laisser courir. Il faut laisser s’aimer. Il faut laisser s’entretuer. Il faut laisser faire. Il faut laisser le vent au temps et le temps au vent. Il faut savoir abandonner, laisser tomber, baisser les bras. Mais bien sûr je vous entends dire que c’est contre tout ce qu’on vous a appris, contre tout synonyme de courage, de […]

Le temps des citrouilles et des fleurs fanées.

Je suis tellement à deux que j’en oublie parfois d’être seule pour, le moment d’après, m’étonner de cette solitude qui ne vous quitte jamais tout à fait. L’automne esquive l’été. C’est le temps des fleurs fanées, c’est le temps des feuilles mortes, le temps des feuilles brunes, le temps des citrouilles. Parle-moi de sciences, parle-moi de toi et des endroits que tu as visités. Je ne veux pas savoir la Belgique, la côte almafitaine ni les terres orientales. Je veux savoir ces lieux qui t’ont traversés, ces routes où tu as repassé mille fois et celles encore où plus jamais tu […]

Un monde sans mur.

J’ai terminé la lecture d’un récit plutôt doux. C’était une jolie histoire, à la fois belle et amère, difficile, mais tendre. Une histoire comme toutes les autres; des villes invisibles, des coeurs qui se cherchent et d’autres coeurs qui se blessent à tant se chercher. Doucement, pour ne rien perdre de cet élan romanesque, j’ai refermé l’ouvrage, me suis tirée du lit et j’ai rampé jusqu’à la cuisine. Je me suis coulée un café, me suis posée nue contre la table et je me suis enlacée très fort, serrant contre moi ce que j’aimerais que l’on berce de ses bras. […]

Effet domino.

Si je devais être appelée à la guerre, je consommerais une très forte dose de cocaïne. Il se fait certaines choses comme la guerre, si je devais les vivre, je m’arrangerais très certainement pour en mourir; Guerres, trafics humains, overdoses de cocaïne, vides émotionnels, guerres tout court et morts subites. La mort devrait toujours prendre un « s » puisqu’on ne meurt jamais seuls quoi qu’on en dise.  *** Si je devais parler de ce que je ressens, je ferais péter un énorme feu d’artifice au-dessus de ta tête et dans tes oreilles pour que tu n’entendes rien de ce […]