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Printemps sans TAS.

Pas de TAS pour moi cette année ! Pas de Trouble Affectif Saisonnier. Y-E-S !!! J’ai presque envie de crier Hourra. Les blues du printemps, ça me connaît. À chaque année, les jupes se raccourcissent, les manteaux s’allègent, les gens s’embrassent sur leur vélo, et moi, j’ai envie de brailler. J’ai envie de brailler alors je braille, je suis fatiguée alors je dors, je souhaite mourir alors j’entre en mode survie. Pour les gens « normaux », c’est le temps des bourgeons et des hommes en fleurs, mais pour moi, c’est le monde à l’envers, les idées noires, la peur du soleil et l’emprise sur mon humeur d’une fatigue irrépressible où chaque sortie du lit est une dure épreuve.

My Usual Spring : Mood swings and Earthquakes.
Mais pas cette année, merci DK !

Je ne sais pas si c’est la température qui y est pour quelque chose, mais je dirais que si. Il ne fait pas très chaud ici, mais je peux courir à l’extérieur toute l’année. Au Québec, c’est bien beau d’être motivé, mais que c’est tough courir en janvier ! Ça relève de l’exploit et je n’ai pas cette persévérance-là. Courir avec le froid, courir sur la neige, et parfois même dedans, courir contre le vent… Oui, mais non !

Je ne sais pas si c’est le fait d’être à l’extérieur du pays, mais je dirais que si. J’ai tant de mal à accepter mes besoins de solitude lorsque je suis chez moi. J’ai du mal à dire non, du mal à dire oui, du mal à dire je dois passer mon samedi soir seule, et mon dimanche aussi, et peut-être bien toute la semaine si ça se trouve. J’ai la suffocation si facile lorsque je suis « à la maison », et nul besoin de me citer Klein, Lacan, Freud et leurs héritiers, je sais. Je sais mes piliers, mes origines, mes constructions. Je sais ce qui m’est tolérable et ce qui m’est souhaitable, bien qu’en revanche souvent plus difficile à faire entendre, puisqu’à contre-courant.

Je ne sais pas si c’est d’avoir tant pleuré en atterrissant ici, mais je crois que si. Dans l’avion, j’ai cru m’étouffer de mes larmes. Je pleurais d’un deuil que seule l’intuition peut saisir. Ce pourrait être la peine d’amour, la trahison ou le viol d’intimité. On m’a volé, on a voulu me prendre, mais on m’a laissé plus forte que je ne l’ai jamais été. Ce n’est pas une de ces sempiternelles « Embrassez vos blessures ! Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort ! » Rien à voir. C’est autre chose. C’est que cette fois-ci, le printemps a des airs de « Je vais la raccourcir ma jupe, je vais en embrasser des hommes en fleurs et je vais rentrer la tête haute puisque j’ai appris à courir et que rien ne peut m’arrêter. »

IMG_3299Campagne danoise

 

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